Gaza : 541 000 élèves reprennent l’école après trois ans de guerre en tentes
Gaza : 541 000 élèves reprennent l’école le 19 septembre, mais les classes restent précaires
À Gaza, environ 541 000 élèves ont repris l’école le 19 septembre 2026 dans des structures temporaires, confrontés à un manque massif de fournitures et à la nécessité urgente de reconstruction.
Le 19 septembre 2026, plusieurs centaines de milliers d’enfants de la bande de Gaza ont franchi à nouveau les portes de l’école après presque trois années de graves perturbations liées aux combats depuis octobre 2023. Le retour à l’enseignement en présentiel marque un pas symbolique vers la reprise de la vie civile, mais il se fait dans des conditions précaires : tentes transformées en salles de classe, pénurie de fournitures et infrastructures scolaires largement endommagées ou détruites.
Retour en classe de 541 000 élèves le 19 septembre
Le début de l’année scolaire a vu la réinscription et la rentrée d’environ 541 000 élèves. Cette reprise suit plusieurs mois de diminution mais pas d’arrêt des violences, et intervient après une période durant laquelle des centaines de milliers d’enfants ont été scolarisés de manière irrégulière ou n’ont eu aucun accès à l’enseignement en présentiel. Avant cette date, des dizaines de milliers d’élèves suivaient des cours dans des espaces éducatifs temporaires ou à distance, mais de nombreux enfants n’ont pas bénéficié d’un apprentissage régulier pendant plusieurs années scolaires.
Des classes improvisées dans des tentes
Dans plusieurs quartiers de la ville de Gaza, les autorités locales ont installé des écoles temporaires sous des tentes. Les élèves y suivent des cours assis sur des matelas ou par terre, parfois avec des morceaux de carton comme support pour écrire. Les horaires sont souvent raccourcis pour limiter l’exposition aux risques et s’adaptent aux contraintes de sécurité locales : dans certains secteurs, la journée scolaire commence le matin et s’achève avant midi. Ces dispositifs permettent de remettre des enfants en contact avec l’enseignement, mais ils restent des solutions d’urgence.
Manque criant de matériels et d’infrastructures
Les établissements scolaires ont souffert de destructions massives depuis octobre 2023. Une très large part des bâtiments scolaires est endommagée et nécessite des travaux importants ou une reconstruction complète. Les écoles temporaires manquent de fournitures de base : cahiers, stylos, manuels, bureaux et chaises font défaut. Certaines cargaisons de fournitures n’ont pas pu entrer dans l’enclave, ce qui aggrave la pénurie de matériel scolaire et rend difficile la mise en place d’un enseignement structuré.
Expériences d’enseignants et de familles
À l’occasion de la réouverture, des familles ont raconté l’effort de préparation pour ramener leurs enfants à une routine scolaire : réveils, tenues et tentatives de renouer avec le rythme des cours. Des enseignants, certains ayant exercé avant le conflit, ont repris le travail dans ces conditions temporaires, tentant d’enseigner malgré l’absence de manuels et d’équipements. Les témoignages évoquent la frustration des professeurs face à l’absence de moyens, mais aussi leur détermination à maintenir l’apprentissage pour des enfants qui ont connu déplacements et pertes.
Horaires réduits et risques persistants
Même après la réouverture, l’environnement d’apprentissage reste fragile. Des interruptions ponctuelles des cours ont eu lieu et des incidents violents ont continué d’affecter la sécurité scolaire, entraînant des pertes humaines et des traumatismes. La menace d’une reprise des hostilités ou d’autres perturbations pèse sur la continuité de l’année scolaire. Par ailleurs, les conditions sanitaires et la vulnérabilité économique des familles contribuent à limiter la fréquentation régulière.
Urgence de la reconstruction et d’un soutien durable
Au-delà de la réouverture symbolique, la situation met en lumière l’urgence d’un plan de reconstruction des écoles et d’un soutien durable aux systèmes éducatifs locaux. Des centaines de milliers d’enfants ont manqué un enseignement formel pendant des années ; rétablir des bâtiments scolaires sûrs, fournir des matériels et former les enseignants sont des étapes nécessaires pour que la rentrée ne reste pas uniquement temporaire. Les acteurs locaux et les partenaires extérieurs sont confrontés à la nécessité de concevoir des réponses à long terme pour restaurer un environnement d’apprentissage sécurisé et complet.
L’espoir exprimé par des élèves et des professeurs se heurte aux défis concrets : offrir des conditions de scolarité stables et dignes pour permettre aux enfants de rattraper les années perdues et de poursuivre leur formation dans la durée.