Sept groupes armés forment une alliance pour renverser Abiy Ahmed en Éthiopie
Éthiopie : sept groupes armés annoncent une « Alliance pour la survie » visant un gouvernement de transition
Le 20 septembre 2026, sept groupes armés éthiopiens ont formé l’Alliance pour la survie pour renverser le gouvernement et établir un exécutif de transition.
Sept groupes armés éthiopiens ont annoncé, le 20 septembre 2026, la création d’une coalition baptisée « Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie » — abrégée Alliance pour la survie — avec pour objectif déclaré de renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et d’installer un gouvernement de transition inclusif. L’annonce intervient alors que les tensions sécuritaires se sont intensifiées ces derniers mois, avec des violations majeures d’accords de paix et des foyers de violence persistants dans plusieurs régions du pays.
Annonce officielle et objectifs déclarés
L’annonce, rendue publique dimanche 20 septembre 2026, précise que l’alliance cherche à instaurer un « gouvernement de transition guidé par une charte » chargé de mettre fin aux guerres internes, de protéger les droits des citoyens et d’ouvrir un dialogue national inclusif. Le communiqué conjoint accuse le pouvoir d’avoir instauré « un régime dictatorial » et d’avoir poussé le pays vers l’éclatement. L’alliance présente la mise en place d’un exécutif provisoire comme la voie pour rétablir la sécurité et la gouvernance.
Composition de la coalition et leadership
La coalition regroupe des mouvements anciens et récents : le mouvement national Amhara Fano, le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) et l’Armée de libération Oromo (OLA), auxquels s’ajoutent quatre formations plus petites — le Front de libération nationale de l’Ogaden (ONLF), le Front d’unité démocratique révolutionnaire Afar (Ugugumo), le Mouvement populaire de libération de Benishangul et le Mouvement démocratique populaire de Gumuz. Des dirigeants identifiés publiquement incluent Jaal Marroo, chef militaire de l’OLA, et Zemene Kassie, figure émergeante de Fano, qui a évoqué publiquement des accords préliminaires. Les chefs des différentes factions affirment disposer d’un agenda commun malgré leurs histoires et objectifs parfois divergents.
Durée et nature des négociations préalables
Les responsables des groupes affirment s’être rencontrés et nego-cié pendant environ un an avant d’annoncer formellement l’alliance. Ces pourparlers semblent avoir porté sur des garanties mutuelles, la répartition des responsabilités dans une gouvernance de transition et la charte qui devrait encadrer cette période transitoire. Les déclarations publiques indiquent que des accords ont été scellés progressivement, certains leaders ayant révélé l’existence d’intenses discussions lors d’interviews et d’apparitions médiatiques au cours des derniers mois.
Contexte sécuritaire : affrontements récents et fragilité de l’accord de paix
L’annonce survient après des affrontements récents dans la région nord du Tigré, signalés comme l’une des violations les plus graves de l’accord de paix signé en 2022, et après des années de combats dans l’Oromia (depuis 2018) et l’Amhara (depuis 2023). La guerre du Tigré (2020–2022) a laissé des séquelles profondes, y compris des pertes massives et des déplacements de population ; cette période est régulièrement citée par les protagonistes comme un point tournant. Le TPLF avait, à la mi-juillet, qualifié l’accord de paix de 2022 d'”effectivement mort”, illustrant la fragilité persistante des mécanismes de règlement.
Enjeux territoriaux et rivalités historiques
Outre la contestation du pouvoir central, des différends territoriaux alimentent la tension entre les groupes, en particulier la revendication concurrente sur le Tigré occidental entre l’Amhara et le Tigré. Fano a auparavant combattu aux côtés des forces fédérales contre le TPLF pendant le conflit de 2020–2022, ce qui souligne la complexité des alliances et des inimitiés changeantes. Les mouvements régionaux plus petits invoquent quant à eux des problèmes de marginalisation, d’accès aux ressources et de représentation politique comme motifs de leur engagement dans la coalition.
Réactions publiques et silence des autorités
Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas formulé de commentaire officiel sur la déclaration de l’alliance. Les déclarations des groupes soulignent un sentiment partagé d’existence d’une « menace de survie » face au gouvernement, argument avancé pour justifier la coalition. Les observateurs soulignent que l’absence de réponse officielle augmente l’incertitude, tandis que la population civile dans les zones affectées reste exposée à des risques accrus de violences et de déplacements.
La création de l’Alliance pour la survie marque une étape potentiellement décisive dans la trajectoire politique et sécuritaire de l’Éthiopie. Les prochains jours et semaines seront déterminants : la manière dont le gouvernement répondra, la capacité de la coalition à maintenir la discipline entre ses composantes et la réaction des forces internationales et régionales influenceront la probabilité d’une escalade généralisée ou, à l’inverse, d’un retour à un processus de négociation.