Élections législatives au Maroc : PAM en tête, participation en baisse, retour du PJD
Élections législatives 2026 au Maroc : le PAM en tête, forte abstention et retour notable du PJD
Élections législatives Maroc 2026 : le PAM en tête avec 97 sièges, chute du RNI, retour du PJD et forte abstention nationale (38,08 %) et disparités régionales.
Le scrutin législatif organisé mercredi a profondément recomposé la carte politique du Maroc, marqué par une participation électorale nettement plus faible et des gains et pertes significatifs parmi les principaux partis. Selon les résultats provisoires, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) arrive en tête avec 97 sièges, suivi du Rassemblement national des indépendants (RNI) avec 66 sièges, de l’Istiqlal avec 65, et du Parti de la justice et du développement (PJD) qui signe un retour avec 54 sièges. La chambre compte 395 sièges ; une majorité absolue requiert au moins 198 voix.
PAM premier parti avec 97 sièges
Le PAM est sorti du scrutin comme la première force parlementaire, gagnant dix sièges par rapport à 2021. Ce résultat le place en position centrale pour l’ouverture des négociations de formation du gouvernement. Conformément à l’article constitutionnel qui régit la désignation du chef du gouvernement, le parti arrivé en tête occupe une place privilégiée dans le processus de nomination. Toutefois, les 97 sièges restent loin d’une majorité seule, ce qui rend nécessaires des alliances parlementaires pour constituer un exécutif stable.
RNI et Istiqlal : reculs et conséquences politiques
Le RNI subit une perte substantielle, passant de 102 sièges en 2021 à 66. L’Istiqlal recule également, de 81 à 65 sièges. Ces replis modifient l’équilibre au sein des partis ayant dirigé l’exécutif sortant. Ensemble, le PAM, le RNI et l’Istiqlal totalisent 228 sièges, soit un nombre suffisant pour former une majorité. Reste à savoir si les tensions interpartis, visibles pendant la campagne, pourront être surmontées au moment des négociations. Les échanges d’accusations entre PAM et RNI et les griefs relatifs au recrutement d’élus locaux marquent la campagne et pèseront probablement sur la nature des accords à venir.
Le retour du PJD : de l’effondrement à une remontée
Le PJD réalise l’un des retours les plus notables du scrutin : après avoir été réduit à 13 sièges en 2021, il remonte à 54 sièges. Cette progression le place parmi les quatre principaux partis du Parlement. Le redressement du PJD alimente les incertitudes sur la future composition des coalitions : le parti pourra-t-il jouer un rôle d’appoint ou restera-t-il dans l’opposition ? Les relations historiques entre PJD et PAM, marquées par une opposition politique durable, compliquent les calculs d’alliances. Par ailleurs, l’entrée au PAM de personnalités issues d’autres sphères politiques et administratives a été évoquée pendant la campagne et figure parmi les éléments susceptibles d’alimenter les discussions post-électorales.
Personnalités et enjeux internes des partis
Plusieurs figures ont été au centre des débats pendant la campagne. Des responsables du PAM ont déclaré que la décision finale sur d’éventuelles alliances appartiendrait aux organes dirigeants du parti. Des dirigeants du RNI ont évoqué des tentatives de recrutement d’élus, tandis que des cadres du PAM se sont défendus en rappelant des événements politiques antérieurs. Le passage de personnalités publiques vers des structures partisanes, ainsi que les relations interpersonnelles entre dirigeants, influencera la dynamique des négociations et la formation du prochain gouvernement.
Participation : un recul historique et des contrastes régionaux
Le taux de participation a fortement reculé : seuls 38,08 % des électeurs inscrits se sont déplacés, contre 50,86 % en 2021 et 42,27 % en 2016. Il s’agit du deuxième plus bas niveau depuis 1999. Les explications sont multiples : désaffection envers les partis établis, préoccupations économiques, perceptions d’inefficacité des institutions politiques et mobilisation sociale exprimée hors des urnes ces dernières années. Les disparités régionales sont marquées : la participation atteint 77 % à Laâyoune-Sakia El Hamra et 61 % à Dakhla-Oued Ed-Dahab, contrastant avec des taux beaucoup plus bas dans d’autres régions. Ces écarts régionaux auront un impact sur la répartition des sièges et sur la légitimité politique perçue des formations victorieuses.
Scénarios de coalition et calendrier politique
Avec 228 sièges potentiellement réunis entre PAM, RNI et Istiqlal, une reconduction de la coalition tripartite est possible sur le papier, mais elle dépendra de la capacité à résoudre les tensions apparues durant la campagne. D’autres constellations incluant le PJD ou des partis plus petits ne peuvent être exclues et pourraient être explorées pour stabiliser un gouvernement majoritaire. Les prochaines étapes devraient inclure des consultations formelles entre partis, l’annonce de négociations et la proposition d’un chef de gouvernement au souverain. Au-delà des arithmétiques parlementaires, la pression sociale et les faibles taux de participation poseront des défis politiques et d’acceptation publique pour toute coalition qui se formera.
La période de négociations qui s’ouvre déterminera la nature du gouvernement à venir, sa capacité à répondre aux revendications économiques et sociales largement exprimées hors des urnes, et la façon dont les partis traduiront ces résultats électoraux en politiques concrètes.