Ebola souche Bundibugyo en RDC : nouveaux cas à Sud‑Ubangi et Haut‑Uélé
Ebola (souche Bundibugyo) gagne du terrain en RDC : cas confirmés à Bulu et Dungu, crise du traçage et accès limités
La souche Bundibugyo d’Ebola s’est étendue à de nouvelles zones de santé en République démocratique du Congo, avec des cas dépistés à Bulu et Dungu; le pays totalise 7 890 cas confirmés et 3 799 décès au 23 septembre.
La souche Bundibugyo d’Ebola a été détectée dans deux nouvelles zones de santé en République démocratique du Congo, amplifiant les craintes d’une propagation transfrontalière. Des cas ont été identifiés à Bulu, dans le Sud-Ubangi à la frontière avec la République centrafricaine, et à Dungu, dans le Haut-Uélé, en limite avec le Soudan du Sud. Le nombre de zones de santé touchées atteint désormais 63 réparties sur sept provinces, alors que les autorités sanitaires peinent à contenir l’épidémie.
Nouvelles zones touchées : Bulu et Dungu
Les confirmations à Bulu et Dungu indiquent une dissémination géographique de la maladie vers des régions frontalières, ce qui complique la réponse sanitaire. Ces localités, caractérisées par des flux humains transfrontaliers et des infrastructures de santé fragiles, présentent des risques accrus de propagation vers des pays voisins. Les équipes déployées sur le terrain font face à des contraintes logistiques et sécuritaires pour réaliser des dépistages, isoler les personnes malades et informer les communautés.
Bilan national au 23 septembre
Au 23 septembre, la RDC avait enregistré 7 890 cas confirmés et 3 799 décès, soit un taux de létalité proche de 48 %. Ces chiffres reflètent l’ampleur de l’épidémie et la mortalité élevée observée dans plusieurs provinces. Le total des zones de santé affectées et la répartition des cas montrent que l’épidémie n’est plus confinée à quelques foyers mais s’est implantée à l’échelle régionale.
Difficultés d’accès et déplacements de population
Les réponses sanitaires sont systématiquement entravées par des conflits locaux et des mouvements massifs de population. Les déplacements rendent plus difficile le repérage des personnes exposées, l’installation de points de dépistage et l’acheminement du personnel et des fournitures médicales. Les équipes rapportent des problèmes d’accès à certaines localités en raison d’insécurité, ce qui retarde la mise en place de mesures de contrôle et accroît la probabilité de transmission communautaire.
Recherche des contacts largement insuffisante
La couverture du traçage des contacts est loin d’atteindre les objectifs nécessaires au contrôle épidémique. Des projections liées au nombre de cas laissaient entendre que des centaines de milliers de contacts devraient être identifiés, mais seules quelques dizaines de milliers figurent actuellement sur les listes opérationnelles. L’écart entre le nombre de contacts attendus et le nombre effectivement suivis compromet la capacité à interrompre les chaînes de transmission et augmente le risque de cas non détectés.
Ituri et Nord-Kivu : foyers persistants
La province d’Ituri demeure l’épicentre de cette flambée, avec plus de 6 000 cas enregistrés depuis le début de l’épidémie en mai et des centaines de nouveaux cas signalés au cours des dernières semaines. Le Nord-Kivu constitue le second foyer, représentant une part importante des nouveaux cas et des décès. Dans ces régions, la mortalité est particulièrement élevée et de nombreux patients retardent leur recours aux soins, parfois jusqu’à des stades avancés de la maladie, ce qui réduit les chances de survie et complique le suivi des contacts.
Absence de vaccins approuvés pour Bundibugyo et accélération des essais
La souche Bundibugyo ne bénéficie pas de vaccins approuvés spécifiquement dédiés, et les recherches cliniques visant à tester et valider vaccins et traitements sont en accélération. Cette situation limite les outils disponibles pour protéger les populations à risque et pour réduire la létalité. De plus, les symptômes initiaux de l’infection peuvent être légers et confondus avec des affections endémiques comme le paludisme ou la fièvre typhoïde, ce qui retarde le dépistage et l’isolement.
La combinaison d’une dissémination territoriale, d’un traçage insuffisant, d’un accès limité aux soins et de l’absence de contre-mesures vaccinales spécifiques crée un scénario où l’épidémie pourrait rester hors de contrôle tant que ces lacunes ne seront pas comblées. Les efforts prioritaires consistent à renforcer la surveillance, étendre les listes et le suivi des contacts, améliorer l’accès sécurisé aux zones affectées, et accélérer les essais cliniques pour disposer d’outils thérapeutiques et préventifs adaptés.