L’armée soudanaise dément soutenir le Tigré et accuse l’Éthiopie d’appuyer les RSF
Tensions régionales accrues : Addis-Abeba accuse Khartoum et Le Caire de soutenir des combattants du Tigré, Khartoum dément
Reprise des combats entre le TPLF et le gouvernement éthiopien; Addis accuse Soudan et Égypte, Khartoum dément. Drones, coupures et avancées importantes en Afar.
Le conflit entre le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) et le gouvernement fédéral éthiopien s’est intensifié, ravivant les craintes d’un retour à la guerre civile. Le commandant de l’armée éthiopienne a imputé à des puissances étrangères — nommément le Soudan et l’Égypte — un rôle de soutien logistique et opérationnel à des forces combattantes alliées aux insurgés tigréens. Le Soudan a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant d’« infondées », et a de son côté affirmé que des paramilitaires rivaux reçoivent une assistance et des appuis depuis le territoire éthiopien. Parallèlement, des frappes de drones ont visé des infrastructures médiatiques et les communications dans la région du Tigré ont subi des perturbations importantes, limitant la couverture et le chiffre précis des victimes.
Accusations militaires entre Addis-Abeba et Khartoum
Le haut commandement éthiopien a déclaré que des unités organisées, appuyées et approvisionnées depuis l’étranger ont repris les hostilités dans le nord du pays. Les autorités militaires ont présenté ces forces comme des éléments coordonnés visant à « servir des intérêts extérieurs ». En réponse, l’armée soudanaise a publié une dénégation formelle, rejetant toute implication. Les échanges d’accusations aggravent une situation déjà volatile entre États voisins dont les frontières et intérêts stratégiques sont étroitement liés.
Allégations de soutien aux Forces de soutien rapide (RSF)
Outre le démenti, l’armée soudanaise a formulé une demande reconventionnelle en accusant les Forces de soutien rapide (RSF) de recevoir formation, fournitures et appuis logistiques depuis l’Éthiopie, incluant l’utilisation de drones. Ces allégations, si elles étaient vérifiées, témoigneraient d’une internationalisation du conflit et d’un transfert d’armes et de capacités techniques au-delà des frontières nationales, risquant d’entraîner une escalade régionale imprévisible.
Frappes de drones et coupures de communications dans le Tigré
Des frappes aériennes par drones ont touché des installations considérées comme liées aux autorités tigréennes, dont le siège d’un important média local dans la capitale régionale. Ces attaques s’inscrivent dans un contexte de coupures majeures des réseaux téléphoniques et internet signalées depuis plusieurs jours, perturbant tant les communications civiles que la coordination des secours et la transmission d’informations. L’incertitude sur l’origine des coupures complique l’évaluation du conflit : elles peuvent résulter d’opérations militaires ciblant les moyens de commandement et contrôle, ou de mesures défensives visant à protéger des positions stratégiques.
Mouvements tactiques et avancées sur le terrain en Afar et Tigré
Des combats et des prises de contrôle de localités ont été signalés dans plusieurs zones frontalières entre le Tigré et la région d’Afar. Des villes et points stratégiques ont changé de mains au cours des récents engagements, tandis que le TPLF a indiqué mener des opérations visant à couper les lignes d’approvisionnement en provenance de Djibouti, vitales pour l’économie et l’approvisionnement de l’Éthiopie. L’offensive en Afar semble viser à isoler les axes logistiques, reproduisant des schémas observés lors du conflit précédent, et à étendre la pression vers des régions limitrophes qui abritent des infrastructures essentielles.
Alliances internes et objectifs politiques de l’offensive
Le TPLF s’est allié à plusieurs groupes armés nationaux pour former une coalition plus large dont l’objectif affiché est de renverser le gouvernement fédéral en place. Cette alliance regroupe d’anciens adversaires historiques qui, au cours des années, ont recoupé leurs intérêts face à l’exécutif central. La consolidation de ces forces reflète un réalignement politique et militaire interne susceptible de rallonger la durée et d’intensifier la gravité du conflit si les pourparlers et médiations restent infructueux.
Préoccupations humanitaires et implications régionales
La reprise des hostilités ravive le souvenir d’un conflit antérieur aux conséquences humaines lourdes, et les organisations internationales ont exprimé leur inquiétude quant à l’utilisation de drones et aux risques accrus pour les populations civiles. Les coupures de communication et les déplacements de populations compliquent l’acheminement de l’aide et la protection des civils. Le caractère transfrontalier des accusations et des mouvements militaires augmente le risque d’une contagion du conflit à des États voisins, avec des impacts économiques et sécuritaires potentiellement durables pour la Corne de l’Afrique.
La situation demeure instable et évolutive : les informations sur les pertes humaines et matérielles sont fragmentaires en raison des restrictions de communication et des conditions sécuritaires sur le terrain. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si les parties engageront des pourparlers de désescalade, si des médiateurs régionaux interviendront, ou si le conflit prendra une dimension plus large, entraînant de nouvelles répercussions pour la région et les populations civiles.