Baidoa, Somalie : violents combats bloquent civils et hôpitaux, MSF alerte
Violents combats à Baidoa le 28 septembre 2026 paralysent la ville et coupent l’accès aux hôpitaux
Violents combats à Baidoa le 28 septembre 2026 : affrontements entre forces gouvernementales et combattants pro‑Laftagareen, hôpitaux bloqués et victimes civiles.
D’intenses combats ont éclaté à Baidoa le 28 septembre 2026 entre les forces gouvernementales et des combattants loyaux au président régional déchu Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen. Des avions de combat et des drones ont été signalés dès l’aube alors que des milliers de combattants locaux sont entrés dans la ville. Les affrontements ont divisé les quartiers, empêchant de nombreux civils de fuir et rendant l’accès aux soins quasi impossible pour les blessés.
Batailles aériennes et recours aux drones
Les autorités et témoins ont rapporté l’emploi d’appareils aériens, dont des drones explosifs, en soutien aux forces engagées au sol. Des véhicules chargés d’explosifs auraient été utilisés par les assaillants lors des percées matinales. Le commandant en chef de l’armée, Mohamed Ali, a déclaré que l’armée avait confronté les assaillants, leur infligeant de lourdes pertes et les repoussant hors de certains secteurs de la ville. Les échanges de tirs ont persisté tout au long de la journée, rendant toute circulation aérienne civile ou humanitaire extrêmement dangereuse.
Blocus des routes et accès entravé aux hôpitaux
Les routes menant aux établissements de santé de Baidoa ont été coupées par des combats et des barrages improvisés, selon le personnel médical local. L’hôpital régional de Bay a signalé un afflux de blessés, mais a précisé que l’acheminement des patients et la distribution de fournitures médicales ont été sérieusement perturbés. Des ambulances n’ont pu atteindre certains quartiers et une ambulance a même été pillée, privant des blessés d’un transport vital vers les services d’urgence.
Bilan provisoire des victimes et situation des soins
Les organisations médicales présentes sur place ont indiqué que trois personnes avaient été tuées, dont un professionnel de la santé. L’hôpital régional de Bay a reçu 69 patients touchés par les violences, parmi lesquels cinq enfants. Des membres du personnel médical ont été dévalisés et un autre a été blessé au cours des incidents. Les équipes médicales ont exprimé leur inquiétude quant au nombre de blessés non recensés qui n’ont pas pu accéder aux soins, ce qui pourrait aggraver le bilan humain dans les jours à venir.
Conflit politique et tentative de reconquête de Laftagareen
Le conflit à Baidoa s’inscrit dans un contexte politique tendu entre le gouvernement fédéral et plusieurs États régionaux. Le gouvernement central avait déployé des troupes en mars pour évincer le chef de l’État du Sud-Ouest, Abdiaziz Laftagareen, dont les partisans ont multiplié les tentatives de reprise de la région depuis. Dans un message diffusé lors de l’opération, Laftagareen a salué les combattants et affirmé que l’objectif était de maintenir la sécurité et de restaurer la stabilité et la diversité à Baidoa, revendication qui illustre la dimension politique des affrontements.
Antécédents: récidives de violences cet été
Baidoa a déjà été le théâtre de violences ces dernières semaines. Des affrontements le 17 août avaient entraîné la mort de quatre personnes et 94 blessés selon les bilans des hôpitaux locaux. Une nouvelle flambée le 3 septembre avait mobilisé à nouveau les services d’urgence, qui avaient soigné 71 personnes et signalé un décès. Les autorités de santé et les ONG sur le terrain qualifient les combats répétés d’« effets dévastateurs » pour la population civile et les infrastructures sanitaires.
Impact humanitaire et appels à la protection des civils
Les organisations humanitaires et les responsables médicaux ont mis en garde contre une détérioration rapide de la situation humanitaire à Baidoa. La répétition des affrontements met à mal les capacités de soins et augmente le risque de crises secondaires, notamment par la perturbation des chaînes d’approvisionnement médical et la montée des besoins en abris et en nourriture. Les équipes sur place demandent un meilleur accès pour évacuer les blessés et acheminer des soins d’urgence, tout en appelant à la protection des personnels et des infrastructures de santé.
Les combats à Baidoa laissent la population civile dans une précarité croissante, avec des quartiers divisés et des services essentiels paralysés. La situation reste volatile et l’accès humanitaire limité, ce qui pourrait aggraver encore le bilan dans les jours à venir si les hostilités persistent.