Premier ministre qatari qualifie de criminels de guerre les responsables à Gaza
Le Qatar qualifie de « criminels de guerre » les responsables des violences à Gaza et appelle à une médiation renforcée
Le Premier ministre qatari dénonce les attaques à Gaza, condamne la frappe de 2025 à Doha et détaille trois conditions pour apaiser les tensions régionales, appelant au dialogue.
Le 29 septembre 2026, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, a déclaré dans une interview télévisée avec Piers Morgan que « quiconque est responsable » de la situation à Gaza pouvait être considéré comme un « criminel de guerre ». Il a distingué la condamnation de l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas de sa critique de la riposte israélienne, qu’il juge disproportionnée et ciblant des infrastructures civiles.
Réprobation de la riposte israélienne à Gaza
Cheikh Mohammed a qualifié la réaction israélienne d’injustifiée malgré la reconnaissance du massacre du 7 octobre 2023 et de la nécessité de tenir les auteurs de ces attaques pour responsables. Il a cité des attaques contre des hôpitaux et des écoles comme exemples de violations graves du droit international humanitaire et a souligné qu’aucun argument militaire ne pouvait légitimer de tels actes contre des civils.
Bilan du cessez-le-feu d’octobre 2025 selon Doha
Le dirigeant qatari a estimé que, depuis l’entrée en vigueur apparente du cessez-le-feu d’octobre 2025, plus de 1 400 Gazaouis avaient été tués. Il a également déclaré qu’environ 70 % de la bande de Gaza restait « occupée et interdite » par des forces israéliennes, ce qui, selon lui, montre un non-respect des engagements pris dans le cadre de l’accord et des intentions divergentes quant à sa mise en œuvre.
Accusation d’entrave aux efforts de médiation
Cheikh Mohammed a affirmé que les tentatives du Qatar pour négocier des cessez-le-feu avaient été à plusieurs reprises sapées « dès le premier jour de la guerre ». Il a dénoncé le caractère systématique des obstacles rencontrés par les médiateurs et a estimé que ces entraves compliquaient sérieusement la recherche d’un règlement durable.
Condamnation de la frappe israélienne à Doha en 2025
Le Premier ministre qatari a condamné l’attaque menée par Israël au Qatar en 2025, lorsqu’une frappe visant des responsables convoqués à Doha pour des négociations a provoqué des morts et une violation, selon lui, de la souveraineté qatarie. Il a qualifié cet événement de précédent dangereux, estimant qu’attaquer un État médiateur constituait une rupture des normes internationales et des pratiques diplomatiques établies.
Approche diplomatique à huis clos et relations avec Washington et Téhéran
Malgré les difficultés, Cheikh Mohammed a défendu la diplomatie discrète comme méthode la plus efficace. Il a déclaré que le Qatar continuait à fournir des conseils aux États-Unis et à l’Iran pour faciliter un dialogue. Le chef de la diplomatie a indiqué que la médiation exigeait patience et confidentialité, et que dévoiler tous les efforts publics risquait d’affaiblir les possibilités de compromis.
Conditions qataries pour une désescalade entre Israël, les États-Unis et l’Iran
Sur le plan régional, Cheikh Mohammed a énoncé trois conditions qu’il juge nécessaires pour mettre fin à une confrontation avec l’Iran : reconnaître le droit de Téhéran à une énergie nucléaire à usage civil accompagné d’un allègement des sanctions ; garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz conformément au droit international ; et réformer les arrangements de sécurité régionaux par un dialogue impliquant le Conseil de coopération du Golfe et l’Iran, avec des principes de non-ingérence et de non-agression mutuelle.
En appelant à une « zone d’intérêt commun » pour le commerce, l’énergie et l’économie, le responsable qatari a souligné la nécessité d’un rapprochement pragmatique entre voisins pour libérer le potentiel de la région. Il a précisé que ces réformes ne seraient possibles qu’au terme d’un dialogue structuré entre Téhéran et les États du Golfe.
Les déclarations livrées à Piers Morgan soulignent la volonté du Qatar de maintenir un rôle actif de médiation malgré les tensions et les incidents directs. Elles posent aussi un constat sévère sur la conduite des opérations à Gaza et relancent le débat sur la protection des civils, la souveraineté des États médiateurs et les voies politiques pour éviter une escalade plus large au Moyen-Orient.
Les prochaines étapes dépendront autant des réactions internationales à ces propositions que de la capacité des parties concernées à accepter des compromis sur des questions sensibles telles que la sécurité régionale et le contrôle nucléaire civil. En attendant, Doha réaffirme son engagement à poursuivre la médiation et à travailler à des solutions négociées, tout en condamnant ce qu’il considère comme des violations graves du droit humanitaire.