Mosquée Shahi d’Ujjain partiellement démolie, manifestations contre le BJP
Tensions à Ujjain : une partie de la mosquée Shahi retirée sous pression avant le pèlerinage de 2028
Affrontements à Ujjain après le retrait forcé d’une partie de la mosquée Shahi, au centre de l’Inde, alors que la ville prépare le pèlerinage Simhastha de 2028.
Une veillée nocturne et des manifestations ont éclaté à Ujjain, dans l’État du Madhya Pradesh, après l’annonce d’un retrait partiel de la mosquée Shahi pour permettre l’élargissement d’une route liée au pèlerinage Simhastha prévu en 2028. Les heurts, commencés lors d’une nuit de protestation, ont entraîné l’usage de gaz lacrymogènes, des blessés et des arrestations. Les habitants et responsables religieux dénoncent une démarche qui s’inscrit, selon eux, dans un contexte politique plus large de pressions sur les lieux de culte musulmans.
Début du conflit et calendrier précis
La mobilisation a débuté le dimanche 27 septembre 2026, lorsque des centaines de personnes se sont rassemblées pour une veillée nocturne devant la mosquée Shahi, située dans le quartier de Chhatri Chowk. Le 10 septembre 2026, les autorités municipales avaient fixé une échéance pour le retrait volontaire des structures incriminées, menaçant d’une démolition en cas de non-respect. Les tensions se sont intensifiées les 28 et 29 septembre 2026, avec des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre et des travaux de démolition partielle entrepris par les autorités.
Demande d’élargissement de la route liée au Simhastha
Les autorités municipales expliquent que l’opération vise à dégager et élargir la route afin de faciliter l’accès au pèlerinage Simhastha Kumbh Mela, un important rassemblement hindou qui doit se tenir sur les rives de la rivière Kshipra en 2028. Les responsables ont invoqué l’intérêt public et la nécessité d’augmenter la capacité de circulation pour les fidèles venant de l’extérieur, argument qui a été pris en compte par la juridiction locale lorsqu’une requête visant à suspendre les démolitions a été rejetée.
Négociations locales et retrait partiel par la communauté
Face à la perspective d’une démolition conduite par l’administration, le comité de la mosquée a engagé des discussions avec les autorités du district. Ces négociations ont abouti à un compromis: au lieu d’une destruction de plusieurs pieds de structure, la communauté a accepté de retirer elle-même une portion de la plate-forme longeant la mosquée. Des dizaines d’hommes ont entrepris le démontage à l’aide d’outils, déclarant l’avoir fait “de nos propres mains”, geste qualifié de douloureux par certains protagonistes.
Intervention policière et bilan des affrontements
Les forces de sécurité ont bouclé la zone autour de la mosquée et déployé des renforts. Lors d’un épisode matinal, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule ; des échanges de projectiles et des charges policières ont suivi, faisant une douzaine de blessés selon des témoins, et plusieurs arrestations ont été effectuées. Le renforcement de la présence policière a perduré pendant les jours suivants, alors que des travaux limités de démolition, notamment d’une partie du minaret, ont été signalés le mardi 29 septembre 2026.
Contestations juridiques et réponses politiques
Une requête déposée par des représentants de la communauté musulmane visant à suspendre les démolitions a été rejetée par la Haute Cour locale, qui a justifié sa décision par la nécessité d’assurer la sécurité et la fluidité du pèlerinage à venir. Sur le plan politique, des voix critiquent une série d’opérations similaires menées ces dernières années dans plusieurs États, où des sites musulmans ont été partiellement ou totalement démolis après des mises en demeure municipales. Ces démolitions, souvent réalisées de nuit et parfois pendant que des recours judiciaires étaient en cours, alimentent un sentiment d’injustice et d’inquiétude au sein des populations concernées.
Mobilisations nationales et préoccupations pour l’état de droit
La situation à Ujjain a conduit à des manifestations organisées dans la capitale nationale par des groupes de défense des droits et des responsables religieux, qui dénoncent une tendance à cibler des institutions musulmanes. Des dirigeants associatifs et des parlementaires ont appelé à des garanties constitutionnelles et juridiques plus solides pour protéger les lieux de culte et l’histoire patrimoniale des communautés. Certains observateurs estiment que ces événements s’inscrivent dans un contexte politique plus large marqué par des tensions entre majorités locales et minorités religieuses.
Les habitants d’Ujjain expriment une douleur partagée face à la perte perçue d’éléments de leur patrimoine urbain et à la peur d’une érosion de l’espace communautaire. Alors que la ville se prépare au grand afflux attendu pour Simhastha en 2028, les autorités locales sont confrontées à la double exigence d’assurer des infrastructures adaptées et de préserver la cohésion sociale. La situation risque de rester tendue tant que des assurances claires sur les procédures, les compensations et la protection des droits religieux ne seront pas apportées.