Responsable local de Butembo battu à mort pour avoir défendu la réponse à Ebola
Butembo : un responsable local battu à mort après avoir défendu la riposte contre Ebola
À Butembo, Marie‑Célestin Karondwa a été battu à mort après avoir défendu la réponse du gouvernement à Ebola; obsèques, maison incendiée et montée des tensions.
Marie‑Célestin Karondwa, élu local et cadre du parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDSP), a été attaqué dimanche 27 septembre 2026 à son domicile à Butembo, dans la province du Nord‑Kivu. Gravement blessé lors de l’agression, il est décédé quelques heures plus tard dans un hôpital local. Ses obsèques se sont tenues mercredi 30 septembre 2026 à Butembo, où familles et sympathisants se sont rassemblés pour lui rendre hommage.
Assassinat et circonstances immédiates
Le principal protagoniste de l’affaire, Marie‑Célestin Karondwa, a été pris pour cible à son domicile dans la matinée du dimanche 27 septembre 2026. Des proches présents lors des funérailles ont indiqué que la maison avait été incendiée après l’agression. Sa petite‑fille, Sagesse Kavira, a déclaré lors des obsèques : « Ils l’ont battu puis ont incendié la maison. » Le nombre des assaillants, leur identité et leurs motivations précises restent indéterminés à ce stade.
Funérailles et réactions locales
Les obsèques, organisées le mercredi 30 septembre 2026 à Butembo, ont rassemblé des élus locaux, des membres du parti UDSP et des habitants de la région. Le parti a présenté Karondwa comme « une victime innocente » ciblée pour avoir pris position publiquement en faveur de la reconnaissance et de la riposte contre l’épidémie d’Ebola. Les autorités locales ont appelé au calme et demandé une enquête rapide pour identifier les responsables et assurer la sécurité des populations.
Contexte épidémique et controverse publique
Cette attaque intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17e et plus meurtrière épidémie d’Ebola. L’épidémie, attribuée à la souche Bundibugyo, a dépassé 8 000 cas déclarés et près de 4 000 décès depuis son apparition. Pour cette souche, il n’existe actuellement ni vaccin largement approuvé ni traitement spécifique disponible, et des candidats thérapeutiques sont en cours d’évaluation par les recherches sanitaires internationales. La présence du virus a été signalée dans plusieurs provinces, dont l’Ituri, le Nord‑Kivu et d’autres régions de l’est et du nord du pays, l’Ituri restant parmi les zones les plus touchées.
Attaques contre le personnel de santé et impact sur la riposte
Depuis le début de l’épidémie, des équipes de santé et des intervenants humanitaires ont été la cible d’une série d’agressions. Ces violences compliquent la détection des cas, le suivi des contacts, et la mise en place de soins et de mesures préventives. Dans plusieurs villages, la méfiance envers les campagnes sanitaires est forte : certains habitants qualifient l’épidémie de « canular » ou craignent des détournements de fonds, ce qui empêche la déclaration des symptômes et repousse les patients loin des structures de prise en charge. Le climat d’insécurité et les attaques ciblées accroissent les difficultés logistiques et humaines pour les équipes sur le terrain.
Défis sécuritaires et défiance institutionnelle dans l’est du pays
L’est de la RDC demeure une zone marquée par des décennies de conflits armés et d’implantations de groupes rebelles. Cette situation a profondément fragilisé la confiance des populations envers l’État et les acteurs extérieurs. Les communautés isolées, les nouveaux foyers d’épidémie et les zones sous contrôle de groupes armés présentent des obstacles majeurs à la campagne de santé publique. Les autorités locales et nationales, confrontées à ces risques sécuritaires, annoncent des mesures pour renforcer la protection des personnels de santé et améliorer la coordination des interventions, mais la mise en œuvre reste complexe.
La mort de Karondwa illustre l’enchevêtrement tragique entre crise sanitaire et tensions sociales : défendre la réalité de la maladie dans un contexte de peur et de suspicion peut exposer des responsables locaux et des soignants à des représailles. Les enquêtes en cours devront clarifier les circonstances de l’attaque, traduire les coupables devant la justice et, surtout, permettre de restaurer un climat de confiance indispensable à la lutte contre l’épidémie. Le retour de la sérénité dans les communautés touchées et la protection effective des équipes de santé sont des conditions sinéquanones pour freiner la propagation du virus et réduire le bilan humain.