Combats intensifs dans le nord de l’Éthiopie, Alamata reprise, Tigré Amhara Afar menacés
Violence relancée dans le nord de l’Éthiopie : Alamata prise et combats se propagent en Amhara et Afar
Combats dans le nord de l’Éthiopie : prise d’Alamata, extension en Amhara et Afar, coupures de communications et risque d’escalade régionale imminente
Le nord de l’Éthiopie est de nouveau le théâtre de combats intenses, près de quatre ans après la signature d’un accord de paix qui avait mis fin à une guerre majeure. Des affrontements simultanés se déroulent dans les régions du Tigré, de l’Amhara et de l’Afar, avec des gains territoriaux revendiqués par les forces alignées sur le gouvernement et des contre-offensives lancées par les forces tigréennes. La situation a provoqué des coupures de télécommunications, la suspension des vols commerciaux et une crise humanitaire naissante.
Nouveaux foyers de combat dans le nord
Les combats ne se concentrent pas sur un seul front mais sur plusieurs lignes de front distinctes. Le Tigré, déjà fragilisé par le conflit de 2020–2022, connaît des affrontements dans sa moitié sud et à l’ouest près de la rivière Tekeze. Des combats ont également été signalés dans le nord de l’Amhara, aux alentours de Kobo, Gidan et Sekota, tandis que l’est du pays, en Afar, voit des incursions depuis la frontière avec le Tigré. Ces multiples foyers compliquent les opérations militaires et humanitaires et accroissent les risques de déplacements massifs de population.
Prise d’Alamata et enjeux logistiques
Le 28 septembre 2026, des forces pro-gouvernementales ont annoncé la capture d’Alamata, ville stratégique située à environ 120 kilomètres au sud de Mekelle. Alamata sert de plate-forme logistique pour l’acheminement de troupes, de carburant et de vivres vers la frontière entre le Tigré et l’Amhara. Des frappes de drones ont touché la zone dès le 22 septembre, frappant notamment des infrastructures civiles telles que des écoles et un hôpital, ce qui accroît les préoccupations sur la protection des civils et l’accès aux soins. La maîtrise d’Alamata modifie l’équilibre local en limitant certaines lignes d’approvisionnement et en renforçant la position des forces qui la contrôlent.
Coalition d’opposants et tensions internes
Le 20 septembre 2026, plusieurs mouvements armés et groupes politiques ont annoncé la formation d’une alliance visant à renverser le gouvernement en place et à mettre en place une administration de transition. Parmi les composantes figurent la principale formation tigréenne, des mouvements armés régionaux et des groupes d’Oromia et d’Amhara. L’alliance affiche un objectif politique commun, mais son unité est contestée : certaines organisations ont nié leur adhésion ou se montrent divisées sur la conduite des opérations militaires. Sur le terrain, seules quelques composantes de cette coalition semblent engagées dans des combats directs contre les forces fédérales, ce qui rend incertaine la capacité du groupe à mener une campagne coordonnée à grande échelle.
Coupures de communications et impact humanitaire
Les flux d’information ont été gravement perturbés : les télécommunications sont interrompues dans une grande partie du Tigré et les vols commerciaux ont été suspendus, isolant des villes et des familles. Ces coupures compliquent l’identification des besoins, la coordination de l’aide et la réception d’urgences médicales. Les écoles et certains hôpitaux ont été touchés par les combats, augmentant le nombre de civils blessés et déplacés. Les ONG et organismes humanitaires se trouvent dans l’impossibilité d’accéder à de larges zones, ce qui risque d’aggraver des pénuries alimentaires et médicales, en particulier si les lignes d’approvisionnement demeurent coupées.
Menaces d’escalade régionale et enjeux géopolitiques
Les autorités militaires ont accusé des pays voisins d’apporter un soutien aux groupes armés impliqués, affirmations qui ont été démenties par les États visés. Ces accusations alimentent la crainte d’une contagion du conflit au-delà des frontières éthiopiennes et d’une régionalisation du conflit. Par ailleurs, l’avancée des combattants en Afar pose une menace directe sur le corridor Semera–Djibouti, voie d’importation essentielle pour l’Éthiopie, notamment pour le carburant. Toute perturbation durable de ce corridor aurait des répercussions économiques significatives pour le pays et la région.
La reprise des hostilités trouve ses racines dans des tensions politiques et territoriales persistantes après la guerre de 2020–2022, des désaccords sur le contrôle, la sécurité et la gouvernance n’ayant pas été résolus. Depuis le début d’août 2026, des incidents armés et des frappes ont progressivement fait monter la tension jusqu’à la flambée d’ampleur constatée fin septembre. La trajectoire du conflit reste incertaine : la multiplication des fronts, les divisions au sein des coalitions armées et les contraintes humanitaires font peser un lourd risque sur la stabilité nationale et régionale. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si des négociations pourront être rouvertes ou si le pays s’engage dans une nouvelle phase d’escalade.