UAFA et le Maroc soutiennent Gianni Infantino et compliquent la stratégie de l’UEFA
UAFA soutient Gianni Infantino, polarisation entre fédérations arabes et européennes avant l’élection FIFA
L’Union des associations arabes de football (UAFA) a officiellement soutenu Gianni Infantino à Djeddah le 1er octobre, intensifiant la polarisation entre soutiens arabes et désengagements européens avant l’élection de 2027.
L’Union des associations arabes de football (UAFA), qui regroupe vingt-deux fédérations, a formalisé son appui à Gianni Infantino lors d’une réunion tenue à Djeddah le 1er octobre. Le collectif a salué les initiatives du président sortant visant à développer le football et à renforcer la coopération entre instances régionales. Cette prise de position renforce une dynamique déjà visible dans la région et vient s’opposer à une série de retraits de soutien de la part de plusieurs fédérations européennes.
Position publique du Maroc et alliances régionales
Le Maroc s’est rapidement inscrit dans ce front de soutien. Dès le mois d’août, Fouzi Lekjaa et des dirigeants de fédérations du Qatar, d’Égypte, du Liban, du Soudan et de Mauritanie avaient affiché leur appui à Infantino. Cette convergence des voix montre une stratégie régionale coordonnée visant à préserver l’influence de dirigeants qui, selon eux, ont favorisé l’expansion et la visibilité du football arabe et africain au niveau mondial.
Retraits de soutiens en Europe et implications electorales
Face à ces appuis, plusieurs fédérations européennes ont opéré un revirement. La fédération suisse a annoncé son retrait le 30 septembre, rejoignant d’autres fédérations qui se sont récemment distanciées, parmi lesquelles l’Angleterre, la France, le pays de Galles et la Serbie. Ces désengagements affaiblissent la possibilité pour l’UEFA de constituer un front unifié et modifient l’équilibre des forces à quelques mois de la date butoir de l’élection.
Rôle des confédérations et poids des voix individuelles
La position des confédérations, comme celle de l’UAFA, ne se traduit pas automatiquement par des votes homogènes. Chaque fédération membre conserve une voix individuelle lors du scrutin. Cela signifie que, malgré le soutien collectif de blocs régionaux, l’issue dépendra des arbitrages nationaux et des intérêts propres à chaque association. Les appuis des confédérations compliquent la lecture politique mais n’annulent pas l’autonomie de vote des fédérations.
Origine des tensions : projet commercial et gouvernance
La rupture entre soutiens et opposants provient en grande partie d’un projet — désormais abandonné — visant à ouvrir certaines activités commerciales liées aux compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. Au-delà de cet épisode, les critiques mettent en cause des questions plus larges de gouvernance et de transparence dans la prise de décision. Ces divergences portent sur la manière dont sont définies et exécutées les politiques économiques et sportives de l’organisation.
Réponse d’Infantino et enjeux pour la campagne 2027
Pour adresser ces critiques, Gianni Infantino a proposé un examen indépendant des procédures décisionnelles de la FIFA. La campagne en vue de l’élection de mars 2027 se déroule désormais sur deux fronts : la mobilisation des soutiens régionaux et la gestion des attentes de ceux qui réclament des réformes. Le positionnement de la fédération marocaine et d’autres acteurs arabes donne un tour géopolitique à ce processus électoral.
Conséquences pour l’équilibre international du football
La division entre fédérations européennes et blocs arabes et asiatiques pourrait redessiner les majorités au sein de la FIFA. Si les confédérations parviennent à influer sur leurs membres, la carte des soutiens pourrait se recomposer. À l’inverse, des décisions individuelles de fédérations clés resteront déterminantes et rendront l’issue incertaine jusqu’au vote.
La campagne se poursuit dans un climat de tension mais aussi d’intenses négociations, où intérêts régionaux, enjeux économiques et demandes de réformes structurent désormais le débat autour de l’avenir de la gouvernance du football international.