Yémen : Rashad al‑Alimi lance une offensive soutenue par l’Arabie saoudite contre les Houthis
Yémen : le gouvernement lance une vaste campagne militaire pour reprendre les zones contrôlées par les Houthis
Le 4 octobre 2026, Rashad al‑Alimi a ordonné le lancement d’opérations destinées à rétablir l’autorité de l’État et à reprendre les territoires détenus par les Houthis.
Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad al‑Alimi, a annoncé le 4 octobre 2026 le lancement d’une campagne militaire visant à « étendre l’autorité de l’État et de ses institutions sur l’ensemble du territoire national ». Dans un discours télévisé, il a appelé les forces armées, les unités de sécurité et toutes les formations militaires à exécuter un plan approuvé jusqu’à ce que « le pays soit libéré des Houthis ». Il a simultanément placé l’ensemble des institutions de l’État en état d’alerte totale « jusqu’à ce que la mission soit terminée et que la victoire soit remportée ».
Démarrage des opérations et directives gouvernementales
Le message d’al‑Alimi marque une phase d’intensification majeure des opérations côté gouvernemental et de la coalition qui le soutient. L’ordre porte sur le déclenchement coordonné d’actions militaires « selon un plan approuvé », ce qui implique mobilisation des forces régulières, recours à l’aviation et emploi de capacités de renseignement et de ciblage. Le gouvernement insiste sur l’objectif déclaré de restaurer les prérogatives de l’État et de reprendre le contrôle des infrastructures et des zones publiques actuellement sous domination houthiste.
Bilan des frappes et déclarations des belligérants
Les forces yéménites ont, selon leur porte‑parole, mené 257 « opérations de ciblage de précision » contre des sites et capacités des Houthis la veille du discours. Les premières estimations communiquées par les autorités font état d’au moins 700 combattants houthis tués. Parallèlement, la coalition conduite par l’Arabie saoudite a signalé 97 opérations de frappes ciblées sur des renforts ennemis sur les axes de Tor al‑Baha et Taiz, mobilisant avions, drones, artillerie, missiles et tireurs d’élite. Le porte‑parole houthiste a pour sa part revendiqué des tirs de missiles balistiques et des attaques par drones contre deux installations d’une compagnie pétrolière saoudienne, situées à Riyad et dans la région de Khurais.
Évolution des lignes de front et gains territoriaux récents
Les combats se sont intensifiés depuis la rupture, en juillet 2022, d’une fragile trêve qui avait brièvement réduit les affrontements. À la mi‑septembre 2026, les Houthis avaient pris le contrôle de la ville portuaire de Mocha et d’îles stratégiques dans le détroit de Bab al‑Mandeb, une artère clé pour le transport maritime international de pétrole. Ces gains ont suscité des opérations de contre‑attaque et des ajustements des lignes de front : les forces anti‑houthis ont déclaré avoir stabilisé certains secteurs, tandis que d’autres restent contestés et propices à de nouveaux affrontements.
Rôle de la coalition régionale et implications stratégiques
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui apporte un soutien militaire et logistique au gouvernement yéménite, a réaffirmé sa position face à ce qu’elle qualifie de « liens des Houthis avec des agendas extérieurs ». Le recours à des frappes de précision et à des capacités de surveillance vise, selon la coalition et le gouvernement, à affaiblir les capacités de commandement et de repli des Houthis. Les attaques transfrontalières alléguées contre des installations en Arabie saoudite soulignent toutefois le risque d’une escalade régionale, avec des conséquences potentielles pour la sécurité des routes maritimes et l’approvisionnement énergétique mondial.
Conséquences humanitaires et déplacements de population
La reprise des hostilités a provoqué de nouveaux déplacements : des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers depuis la reprise des combats. Les opérations concentrées autour de centres urbains et de voies maritimes essentielles ont aggravé les besoins en sécurité, en nourriture, en soins de santé et en abris. Les services publics demeurent fragilisés dans de nombreuses zones, et la mise en alerte des institutions de l’État vise aussi, selon le gouvernement, à coordonner une réponse civile aux conséquences immédiates des opérations militaires.
Les perspectives à court terme laissent entrevoir une intensification des combats sur plusieurs fronts, avec des engagements aériens et terrestres soutenus. Le plan gouvernemental se veut ambitieux et orienté vers une reprise étendue du territoire, mais il s’expose également à des répliques stratégiques des Houthis, y compris des frappes à longue portée. La situation humanitaire et la sécurité des lignes maritimes demeurent des éléments centraux du dossier et seront déterminants pour l’évolution du conflit dans les semaines à venir.