Un an après, le Conseil pour la paix de Trump incapable de protéger Gaza
Un an après le cessez‑le‑feu proposé par Donald Trump, Gaza reste sous pression : violences, déplacements et reconstruction insuffisante malgré le rôle du Conseil pour la paix
Un an après le cessez‑le‑feu négocié en 2025, le Conseil pour la paix n’a pas stoppé les attaques ni permis une reconstruction durable ; Gaza demeure confrontée à des évacuations, un accès humanitaire restreint et une occupation élargie.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez‑le‑feu le 10 octobre 2025, le bilan politique et humanitaire du Conseil pour la paix (BoP) apparaît contrasté : des gestes ponctuels de confiance ont été accomplis, mais l’objectif de stabilisation et de relance de Gaza n’est pas atteint. Le plan en vingt points qui a structuré le mandat du BoP prévoyait le retrait de près de la moitié des forces israéliennes, la libération simultanée de prisonniers, la réouverture des points de passage et la mise en place d’une autorité de transition. Un an plus tard, beaucoup de ces conditions sont incomplètes et la vie quotidienne des Palestiniens reste marquée par la violence, les déplacements et la pénurie d’aide.
Contexte du cessez‑le‑feu et mandat du BoP
Le plan présenté en 2025 fixait une feuille de route détaillée : retrait partiel des forces israéliennes, fin des bombardements massifs, échanges de détenus et mise en place d’un Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) chargé de conduire la transition. Il prévoyait aussi la création d’une Force internationale de stabilisation dirigée par les États‑Unis et un calendrier vers une possible reprise des responsabilités par l’Autorité palestinienne. Le cessez‑le‑feu devait offrir l’espace politique et sécuritaire nécessaire à la reconstruction.
Financements annoncés et promesses non couvertes
Les membres du Conseil ont promis des engagements financiers importants : cotisations annuelles annoncées et engagements collectifs évalués à plusieurs milliards de dollars. Lors du premier sommet, des promesses de financement à hauteur de 7 milliards ont été annoncées, et un plan de relance comprenant 66 projets d’une valeur de 2,4 milliards a été présenté. Mais ces montants restent nettement en deçà des estimations de reconstruction, évaluées par certains acteurs à plusieurs dizaines de milliards, créant un écart majeur entre ambitions et besoins réels.
Accès humanitaire et obstacles logistiques
L’aide reste largement insuffisante par rapport aux besoins. Alors que le plan prévoyait un flux humanitaire soutenu, le nombre de camions entrant quotidiennement dans la bande de Gaza est resté bien inférieur aux objectifs. Des restrictions sur des biens dits « à double usage », notamment des tentes et des équipements médicaux, ont limité la capacité des organisations à répondre à l’urgence. Ces contraintes ont contribué à une détérioration de la sécurité alimentaire et à des conditions de vie précaires pour une large part de la population.
Occupation étendue et déplacements de population
Plutôt que d’observer un retrait conforme aux accords, la zone occupée a été étendue, réduisant les espaces disponibles pour les civils et provoquant de nouveaux déplacements. La ligne de démarcation de facto s’est approfondie dans la bande, entraînant des pertes humaines et des expulsions de foyers. Par ailleurs, des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des camps de fortune, exposées aux intempéries et aux risques sanitaires, sans reconstruction significative des infrastructures détruites.
Désarmement, impasse politique et sécurité
Les volets liés au désarmement et à la normalisation politique sont restés bloqués. Si des échanges de prisonniers ont eu lieu et que certains gestes politiques ont été réalisés — notamment la dissolution annoncée d’instances locales — la clause de désarmement n’a pas été mise en œuvre. Les deux parties se renvoient la responsabilité : l’une exige le désarmement préalable, l’autre réclame d’abord un retrait et une garantie de sécurité. Cette impasse a empêché le lancement de la deuxième phase du plan et la déploiement annoncé de la force de stabilisation.
Tensions institutionnelles autour de l’aide et du rôle de l’ONU
La relation entre le BoP et les agences humanitaires internationales est devenue source de tensions. Le Conseil a indiqué qu’il ne travaillerait pas avec certaines agences comme par le passé, ce qui a alimenté des inquiétudes quant à la coordination et à la continuité des services essentiels. Les mandats internationaux ont été prolongés par d’autres instances, tandis que la perspective d’une substitution des mécanismes habituels d’aide par une structure nouvelle suscite des réserves chez plusieurs acteurs internationaux.
Un an après l’entrée en vigueur du cessez‑le‑feu, le bilan du Conseil pour la paix reste mitigé : quelques avancées symboliques et des engagements financiers insuffisants face à des besoins massifs. La sécurité n’est pas stabilisée, l’accès humanitaire demeure restreint, et la reconstruction à grande échelle n’a pas commencé. Pour la population de Gaza, la priorité immédiate reste l’accès à la nourriture, à l’eau, à l’abri et aux soins, tandis que la politique demeure embourbée dans une impasse dont les conséquences humaines continuent de s’aggraver.