FMI : contractions massives du PIB au Koweït, en Irak et au Qatar
Guerre contre l’Iran provoque une contraction du PIB au Moyen‑Orient en 2026
La guerre contre l’Iran entraîne une contraction de 0,3% du PIB au Moyen‑Orient en 2026. Koweït, Irak, Qatar et Bahreïn subissent des baisses à deux chiffres.
Les dernières prévisions économiques pour 2026 montrent une contraction généralisée de l’activité au Moyen‑Orient et en Asie centrale, conséquence directe des retombées économiques du conflit opposant les forces des États‑Unis et d’Israël à l’Iran. La région devrait reculer de 0,3% sur l’année, après une prévision d’expansion de 1,9% établie quelques mois plus tôt, reflétant l’impact profond des perturbations sur le commerce énergétique et les échanges maritimes.
Contraction régionale estimée à 0,3% en 2026
La révision à la baisse des perspectives traduit un choc externe important. Les chiffres consolidés montrent désormais une contraction de 0,3% pour la région en 2026, faisant du Moyen‑Orient et de l’Asie centrale la seule zone géographique majeure à afficher une croissance négative pour l’année. Cette détérioration est liée à des perturbations prolongées des flux d’hydrocarbures et à une augmentation des coûts de transport et d’assurance pour les cargaisons transitant par les routes maritimes affectées.
Pays les plus affectés Koweït Irak Qatar et Bahreïn
Les économies les plus durement touchées enregistrent des contractions à deux chiffres : le Koweït verrait son PIB reculer de 16,7%, l’Irak de 16%, et le Qatar de 15,6%. Bahreïn est également lourdement impacté avec une contraction prévue de 11,3%. Ces baisses s’expliquent par la combinaison d’une forte dépendance aux exportations pétrolières, de vulnérabilités budgétaires et d’une exposition élevée aux frais logistiques et aux perturbations des marchés énergétiques mondiaux. L’Iran, directement impliqué dans le conflit, devrait afficher une contraction de 7,6% du PIB en 2026.
Perturbation du détroit d’Ormuz et chaînes d’approvisionnement
La fermeture partielle ou la perturbation prolongée du détroit d’Ormuz est citée comme un canal critique affecté par le conflit. En temps de paix, ce passage assure environ un cinquième des approvisionnements pétroliers mondiaux ; son dysfonctionnement a provoqué un renchérissement des primes de risque, une hausse des coûts d’assurance et la réorientation de flux énergétiques via des itinéraires plus longs ou des infrastructures alternatives. L’impact se fait sentir non seulement sur les revenus à l’exportation des États producteurs mais aussi sur les importateurs et sur la confiance des investisseurs.
Rebond asymétrique et pays en croissance
Toutes les économies de la région ne sont pas dans la même dynamique. Le Kirghizistan devrait connaître la croissance la plus forte, avec une hausse du PIB prévue de 9% en 2026, reflétant des facteurs idiosyncratiques et une moindre exposition directe au secteur énergétique mondial. L’Arabie saoudite, malgré un recul attendu de 3,3%, a partiellement atténué l’impact grâce à des manœuvres logistiques, notamment une augmentation des exportations via l’oléoduc Est‑Ouest. Cette divergence illustre un rebond asymétrique où les pays dotés d’infrastructures alternatives, de réserves budgétaires ou d’un tissu économique diversifié limitent les pertes comparativement aux États fortement dépendants des recettes pétrolières.
Risques globaux et perspectives pour la reprise
Les prévisions mondiales affichent néanmoins un certain optimisme relatif : la croissance mondiale prévue pour 2026 est de 3,1%, soutenue par des gains attendus dans d’autres régions comme l’Asie émergente (+5,1%), l’Afrique subsaharienne (+4,5%) et par la reprise attendue en Chine (+4,5%). Toutefois, plusieurs risques à la hausse et à la baisse pèsent sur ces trajectoires. Une escalade supplémentaire des conflits, une réévaluation des attentes liées à l’intelligence artificielle, un regain des tensions commerciales ou des vulnérabilités budgétaires pourraient fragiliser la croissance. À l’inverse, une accélération des investissements productifs liés à l’IA ou une désescalade durable des tensions géopolitiques pourraient soutenir un redressement plus rapide.
Les effets observés en 2026 soulignent la sensibilité de la région aux chocs géopolitiques et la nécessité pour les économies les plus vulnérables d’ouvrir des pistes de diversification, de renforcer les stabilisateurs budgétaires et d’investir dans des infrastructures alternatives pour limiter l’exposition aux routes maritimes sensibles. Les décideurs régionaux font face à un choix de court terme entre mesures de soutien conjoncturel et réformes structurelles destinées à accroître la résilience face à de futurs chocs externes.