Trois anciens présidents de l’Union africaine engagés pour la paix en RDC
Consultations de l’Union africaine à Kigali pour relancer le processus de paix dans l’est de la RDC
Kigali — L’Union africaine et d’anciens présidents ont discuté des accords, de la sécurité, de la protection des réfugiés et de la coopération régionale pour apaiser les tensions dans l’est de la RDC.
Les consultations de l’Union africaine se sont déroulées à Kigali les 6 octobre 2026, dans le cadre d’une série de rencontres entamées la veille à Goma. L’objectif affiché des facilitateurs était de faire avancer la mise en œuvre des accords de paix et d’harmoniser les mesures de sécurité, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants, tout en renforçant la protection des populations civiles et la coopération économique régionale.
De Goma à Kigali
Les rencontres ont débuté le 5 octobre 2026 à Goma, puis se sont poursuivies le 6 octobre à Kigali. La délégation comprenait les anciens présidents Sahle-Work Zewde, Uhuru Kenyatta et Mokgweetsi Masisi, mandatés pour faciliter le processus de paix. Les discussions ont porté tant sur les aspects militaires et de vérification du cessez-le-feu que sur les dimensions humanitaires et économiques susceptibles de soutenir une paix durable.
Rencontres avec acteurs humanitaires et de sécurité
À Goma, les facilitateurs ont rencontré des acteurs humanitaires et des mécanismes de sécurité présents sur le terrain. Les échanges ont insisté sur le respect des cessez-le-feu, la coopération avec les mécanismes de vérification et la nécessité d’assurer un accès humanitaire sécurisé. Les participants ont également souligné l’urgence de prévenir les violences sexuelles et sexistes et de renforcer les mécanismes de protection pour les civils déplacés et les réfugiés.
Deux accords et des négociations parallèles
Les consultations s’inscrivent dans un paysage diplomatique marqué par deux processus distincts. L’accord dit de Washington, signé le 27 juin 2025, engage la République démocratique du Congo et le Rwanda sur des arrangements de sécurité et des mécanismes de désengagement. Le Cadre de Doha, signé le 15 novembre 2025, sert de base aux négociations entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Les deux instruments poursuivent des objectifs complémentaires mais restent distincts dans leurs interlocuteurs et leurs protocoles de mise en œuvre.
Points de friction entre Kinshasa et Kigali
Les relations entre Kinshasa et Kigali restent tendues. Kinshasa accuse Kigali de soutenir l’AFC/M23, allégation démentie par Kigali, qui pointe pour sa part le rôle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et invoque des préoccupations de sécurité nationale. Ces désaccords compliquent la définition de mécanismes de vérification acceptés par toutes les parties et ralentissent l’application des engagements pris dans les différents accords.
Enjeux économiques et gestion des ressources
Les discussions à Kigali ont aussi abordé des dimensions économiques jugées cruciales pour la stabilité régionale. La traçabilité des minéraux, le commerce transfrontalier, l’énergie et les infrastructures figurent parmi les dossiers évoqués. Les facilitateurs estiment que des progrès concrets sur ces sujets pourraient réduire les incitations à la reprise des hostilités, en créant des conditions de développement partagé et des incitations économiques à la coopération plutôt qu’à la confrontation.
Prochaines étapes diplomatiques
Après Kigali, les facilitateurs ont prévu de se rendre à Kinshasa pour poursuivre le dialogue et encourager la mise en œuvre des engagements. Les discussions à venir devront préciser les calendriers de désarmement, les modalités de vérification indépendantes et les garanties de sécurité pour les rapatriés et les communautés hôtes. Le succès de ces démarches dépendra de la volonté des parties de respecter les engagements et d’accepter des mécanismes de contrôle robustes.
Le contexte reste fragile : l’escalade des combats observée ces derniers mois a rappelé l’urgence de traduire les engagements diplomatiques en mesures tangibles sur le terrain. Les consultations de Kigali et de Goma constituent une étape diplomatique importante, mais la sécurisation durable de l’est de la RDC exigera des actions soutenues, une coordination régionale renforcée et des garanties concrètes pour la protection des civils.