Maroc récupère 58,6 millions m² de foncier public et lance 422 projets
Maroc : 58,6 millions m² de foncier récupérés en un an, l’État oriente les allocations vers la location et l’énergie
PLF 2027 (23/10/2026) : 58,6M m² récupérés, 422 projets mobilisant 55 351 ha et 90,37 MMDH d’investissements; l’État privilégie la location et l’énergie.
Le rapport sur le foncier public joint au projet de loi de finances 2027, publié le 23 octobre 2026, fait état d’une reprise massive de terrains appartenant au domaine privé de l’État : 58,6 millions de mètres carrés récupérés en une seule année. Ces restitutions résultent majoritairement du non-respect des engagements contractuels par des investisseurs. Le document détaille par ailleurs la réaffectation des terrains et la stratégie d’utilisation du foncier public pour stimuler l’activité économique et sociale.
Reprise de 58,6 millions de m² pour manquements contractuels
La surveillance exercée par la Direction des Domaines de l’État, en coordination avec d’autres administrations, a conduit à la récupération de 5 862 hectares en 2025, soit 58,6 millions de mètres carrés. Les saisies résultent principalement de la non-réalisation des projets prévus ou du non-respect des clauses inscrites dans les cahiers des charges et les conventions d’attribution. Cette fermeté illustre une volonté institutionnelle de restaurer la maîtrise publique sur des espaces mobilisés à des fins spéculatives ou laissés à l’abandon.
Réaffectation des terrains vers des projets prioritaires
Le rapport précise que les parcelles récupérées seront réaffectées à de nouveaux projets présentant un “fort intérêt économique et social”. Cette réorientation vise à maximiser l’impact socio-économique du foncier public : relance d’activités productives, développement d’infrastructures ou programmes de logement. L’objectif annoncé est d’optimiser l’utilisation des terres étatiques au profit d’investissements générateurs d’emplois et de valeur ajoutée.
Bilan des projets approuvés en 2025 et au premier semestre 2026
En 2025, 308 projets ont été approuvés sur 31 977 hectares, avec des investissements prévisionnels de 70,67 milliards de dirhams et une création attendue de 16 333 emplois. Au premier semestre 2026, 114 projets supplémentaires ont été validés sur 23 374 hectares, représentant 19,7 milliards de dirhams d’investissements envisagés et 6 252 emplois potentiels. Au total, 422 projets mobilisent 55 351 hectares et affichent des investissements prévisionnels d’environ 90,37 milliards de dirhams. Ces chiffres confirment une dynamique d’attribution soutenue et une mise en mouvement significative du foncier public.
Poids du secteur énergétique dans les nouvelles allocations
Le secteur de l’énergie concentre une part importante du foncier attribué en 2025 : neuf projets représentent 26 609 hectares et près de 49 milliards de dirhams d’investissements envisagés. Cette concentration s’explique par les besoins en superficie pour les infrastructures solaires, éoliennes ou de stockage, ainsi que par la priorité donnée aux projets contribuant à la transition énergétique. La prévalence de l’énergie dans les assignations traduit une stratégie publique visant à attirer des investissements lourds et à renforcer l’autonomie énergétique.
Orientation nette vers la location du foncier public
Le rapport souligne un changement méthodologique dans les modalités d’exploitation du foncier de l’État : la location est maintenant privilégiée. En 2025, les contrats de location représentaient 86,25 % des superficies mobilisées ; ce taux a grimpé à 99,18 % au premier semestre 2026. Cette évolution traduit une politique cherchant à limiter la cession définitive des terrains, à préserver l’intérêt public à long terme et à garder la possibilité d’une réaffectation en fonction des besoins nationaux.
Conséquences attendues sur l’emploi et l’investissement
La combinaison de récupérations, de réaffectations et d’une préférence pour la location doit permettre de corriger les défaillances contractuelles antérieures et d’orienter le foncier vers des projets plus performants et socialement utiles. Les 90,37 milliards de dirhams d’investissements prévisionnels et les quelque 22 585 emplois attendus au total (16 333 en 2025 et 6 252 au premier semestre 2026) illustrent l’ambition d’amplifier les retombées économiques. Le choix de louer plutôt que de vendre devrait également maintenir un levier de contrôle public sur l’utilisation future de ces surfaces stratégiques.
La publication du rapport joint au projet de loi de finances 2027 marque une étape importante dans la gestion du foncier public : renforcement du contrôle, sélection de projets à forte utilité et préférence pour des contrats temporaires permettant de préserver l’intérêt général. Les prochains mois permettront de mesurer l’efficacité de cette stratégie à travers la mise en œuvre concrète des projets réaffectés et la réalisation des investissements annoncés.