Tundu Lissu cesse sa grève de la faim après réunion privée avec ses avocats
Lissu met fin à sa grève de la faim après un entretien privé avec ses avocats
Tundu Lissu a cessé une brève grève de la faim après que les autorités pénitentiaires ont autorisé une rencontre privée avec ses avocats; son procès pour trahison est formellement prévu le 6 novembre 2026.
Tundu Lissu, figure de l’opposition tanzanienne et dirigeant du parti CHADEMA, a interrompu une courte grève de la faim lundi après-midi, selon les informations communiquées par son entourage. La protestation avait commencé après que l’accès à une consultation privée avec ses conseils lui a été initialement refusé. Lissu fait face à une accusation de trahison, passible de la peine de mort, en lien avec des propos tenus lors d’un rassemblement réclamant des réformes électorales; il plaide non coupable.
Détails de la grève et de son interruption
La grève de la faim de Lissu a été brève mais symbolique. Les récits divergent sur le moment exact du début : certains membres de son parti ont indiqué qu’il avait refusé tout aliment dès lundi matin, tandis que son avocat a déclaré que le refus de s’alimenter avait commencé mardi matin après que des consultations privées promises n’ont pas eu lieu. Selon les mêmes déclarations, Lissu a cessé sa protestation après une réunion privée avec ses avocats et son frère, organisée après le déjeuner. Les autorités pénitentiaires, pour leur part, ont nié qu’il y ait eu grève de la faim, assurant que Lissu était en sécurité.
Accès aux avocats et position des autorités pénitentiaires
La protestation de Lissu était motivée par le refus initial des autorités d’autoriser des consultations privées avec ses conseils. Ce point a constitué le cœur du conflit entre la défense et l’administration pénitentiaire. Après la levée de l’interdiction et l’autorisation d’un entretien confidentiel, la grève a pris fin, d’après les proches de Lissu. Les services pénitentiaires ont contesté certains éléments du récit public et ont insisté sur le fait que la détention se déroulait conformément aux procédures. Ces déclarations contradictoires ont intensifié les inquiétudes quant au respect des droits des détenus pendant la procédure judiciaire.
Accusation de trahison et calendrier judiciaire
Tundu Lissu a été arrêté en avril 2025 à la suite d’un discours lors d’un rassemblement pour des réformes électorales. Les procureurs l’accusent d’avoir exhorté le public à se rebeller et à perturber les élections générales de l’année précédente, des faits qualifiés de trahison. Lissu nie ces accusations et ses avocats estiment que les poursuites sont à motivation politique. Le jugement est formellement prévu le 6 novembre 2026. La perspective d’un procès pour trahison, avec des peines extrêmement lourdes en jeu, pousse la défense à insister sur la garantie d’un procès équitable et sur l’accès complet aux soins et aux conseils juridiques.
Contexte politique et bilan des violences postélectorales
La détention de Lissu s’inscrit dans un contexte politique tendu. Les événements suivant l’élection d’octobre 2025 ont fait l’objet d’un examen approfondi tant au niveau national qu’international. Une enquête gouvernementale a conclu à au moins 518 morts lors des violences postélectorales, tandis que le parti CHADEMA avance un bilan beaucoup plus élevé, proche de 2 000 morts, chiffre que les institutions internationales indiquent ne pas pouvoir vérifier. Le gouvernement, dirigé par la présidente Samia Suluhu Hassan depuis sa victoire en 2025, rejette les allégations d’abus généralisés et affirme son engagement envers les droits de l’homme, tout en ordonnant des enquêtes sur les disparitions et les enlèvements signalés en 2024.
Répercussions politiques et mesures du parti CHADEMA
Face à la détention de son leader et aux commémorations liées aux événements électoraux, CHADEMA a annoncé une période de deuil de sept jours, du 29 octobre au 4 novembre 2026, pour marquer l’anniversaire du scrutin du 29 octobre. Le parti appelle au calme mais maintient la pression politique pour la transparence des enquêtes et la protection des droits de l’opposition. Les proches et les avocats de Lissu ont souligné l’importance d’une surveillance indépendante de sa santé, rappelant qu’il dépend de médicaments et qu’il a déjà survécu à une tentative d’assassinat en 2017 lors de laquelle il avait été grièvement blessé.
Les développements récents relancent le débat sur la situation des libertés civiles en Tanzanie et sur la capacité des institutions à garantir un procès équitable. À moins de deux semaines du jugement prévu le 6 novembre 2026, l’évolution de l’accès à la défense, l’état de santé de l’accusé et les réponses des autorités aux accusations d’enlèvements et de violences resteront des éléments déterminants pour l’avenir politique du pays.