Allianz Research prévoit 14 950 défaillances d’entreprises au Maroc en 2026
Maroc : 14 950 défaillances d’entreprises prévues en 2026, recul modeste mais éloigné des niveaux prépandémie
Allianz Research anticipe 14 950 défaillances en 2026 au Maroc, une baisse de 2 % par rapport à 2025, mais toujours très supérieure aux moyennes observées avant 2020.
Le Maroc devrait connaître 14 950 défaillances d’entreprises en 2026, soit un recul de 2 % par rapport à l’année précédente, d’après les projections publiées le 27 octobre. Ce recul marque une première amélioration durable après un pic observé en 2024, mais le niveau demeure largement supérieur aux moyennes d’avant la pandémie, traduisant des fragilités structurelles persistantes du tissu économique.
Chiffres clés pour 2026
Les prévisions fixent le nombre de défaillances à 14 950 en 2026, contre 15 307 en 2025 et plus de 15 600 en 2024. Le cabinet note que, malgré la baisse attendue, le total prévu pour 2026 reste supérieur de 86 % à la moyenne des années 2016–2019. Le contraste est net avec la situation d’il y a une décennie : le Maroc comptait environ 5 000 défaillances en 2015, un niveau largement inférieur à celui des années récentes.
Tendance historique et recentrage des prévisions
Les chiffres récents illustrent une détérioration marquée entre 2015 et 2024, suivie d’un léger redressement en 2025 et 2026. Dans sa note de février 2026, les analystes avaient encore anticipé une hausse des défaillances en 2025 puis une stabilisation. La révision d’octobre opte désormais pour une baisse de 2 % sur les deux années examinées, ce qui traduit une modification significative du diagnostic mais souligne aussi la fragilité de la trajectoire de redressement.
Impact des réformes sur les comportements de paiement
L’amélioration attendue est en grande partie attribuée aux changements de pratiques de paiement interentreprises. Un dispositif légal introduit en 2023, et étendu en 2025 aux très petites entreprises, a élevé le coût des retards de paiement. Cette contrainte réglementaire a modifié les comportements : le respect des échéances devient plus rigoureux, ce qui atténue la propagation des tensions de trésorerie au sein des chaînes de production et de services. Les économistes observent que ces mesures commencent à produire des effets concrets, sans pour autant effacer les vulnérabilités structurelles des entreprises marocaines.
Comparaison internationale et contexte mondial
La trajectoire marocaine se situe à contre‑courant d’une tendance mondiale défavorable attendue pour 2026. Les projections internationales indiquent une hausse des défaillances de 5 % à l’échelle globale, avec des différences régionales notables : une progression attendue de 3 % en France et de 8 % en Allemagne. Le contraste souligne que, malgré un niveau absolu élevé, la dynamique marocaine reflète des améliorations relatives liées à des interventions nationales précises.
Fragilités structurelles du tissu économique
Les autorités et les analystes soulignent plusieurs limites à une reprise plus marquée. La forte fragmentation des entreprises, la prévalence de petites structures à faible résistance financière et des difficultés structurelles de productivité réduisent la capacité du secteur privé à amortir les chocs. Ces éléments devraient freiner une amélioration rapide à court et moyen terme, même si la contrainte sur les retards de paiement limite certaines défaillances par effet préventif.
Perspectives 2027–2028 et incertitudes
Les projections pour les années suivantes envisagent une poursuite du recul : 14 350 défaillances en 2027, soit une baisse de 4 % par rapport à 2026, et 13 800 en 2028, une nouvelle réduction de l’ordre de 4 %. Malgré cette trajectoire descendante, le niveau resterait néanmoins sensiblement au‑dessus des références d’avant la pandémie — environ 72 % plus élevé que la moyenne antérieure. Ces estimations restent soumises à de fortes incertitudes, notamment liées à l’évolution de la conjoncture mondiale, aux politiques publiques de soutien aux entreprises et à la capacité du secteur financier à accompagner une relance durable.
La lecture des projections montre une amélioration graduelle mais insuffisante pour ramener le nombre de défaillances aux standards prépandémie à court terme. Les mesures réglementaires sur les délais de paiement ont amorcé une réduction des risques systémiques, mais la résilience des entreprises dépendra désormais de réformes structurelles, d’un accès au financement plus stable et d’une montée en gamme de l’appareil productif.