Exportations pétrolières du Golfe dépassent les niveaux d’avant-guerre et les prix restent élevés
Golfe : les exportations de pétrole dépassent les niveaux d’avant-guerre, mais le Brent reste élevé
Les exportations pétrolières du Golfe ont dépassé les niveaux d’avant-guerre, mais le Brent reste élevé face aux risques autour du détroit d’Ormuz en oct. 2026
Les exportations de pétrole en provenance du Golfe ont retrouvé, et parfois dépassé, les volumes observés avant le conflit, mais la normalisation de l’offre ne s’accompagne pas d’un retour des prix à la baisse. La semaine précédant le 18 octobre 2026, les sorties de brut ont atteint en moyenne 24,6 millions de barils par jour, un niveau supérieur à la moyenne d’avant-guerre. Malgré ces flux, le marché continue d’afficher une forte prime de risque : le Brent s’échange à ses niveaux les plus élevés depuis avril et a brièvement dépassé 117 dollars le baril sur les contrats à terme pour livraison en décembre, tandis que les échéances lointaines restent supérieures à 90 dollars le baril.
Rebond des exportations du Golfe
Les volumes exportés ont montré une capacité d’ajustement notable. Plusieurs semaines ont enregistré des livraisons proches, voire supérieures, des niveaux observés avant les hostilités directes, avec un pic moyen de 24,6 millions de barils par jour lors de la période analysée. Ce retour partiel de l’offre masque toutefois des variations substantielles entre les acteurs et des opérations techniques destinées à réduire l’exposition des navires aux zones à risque.
Prix du Brent et perception du risque
Malgré l’augmentation des flux, le prix du pétrole reste élevé. Le Brent affiche une hausse de plus de 60 % par rapport à la période précédant le conflit, portée par l’incertitude géopolitique, la compression des stocks et l’augmentation des coûts d’acheminement. Les marchés à terme intègrent une probabilité significative d’escalade, ce qui maintient une prime structurelle sur les échéances proches et lointaines, et réduit la visibilité sur un retour rapide à des prix plus modérés.
Adaptations logistiques en mer
Pour limiter l’exposition des tankers au détroit d’Ormuz, des dispositifs de transbordement et de navettes maritimes ont été généralisés. Des navires-shuttle prélèvent le brut au large des côtes et le transfèrent sur des pétroliers en attente une fois hors de la zone à risque. À certaines périodes, plus de sept barils sur dix transitant par le détroit l’ont fait via des opérations de transfert entre navires, illustrant l’ampleur des contournements tactiques déployés pour maintenir les livraisons malgré la menace d’attaques en mer.
Contournements terrestres et parts d’acheminement
Les oléoducs sont devenus des corridors alternatifs majeurs : l’oléoduc Est‑Ouest saoudien et l’oléoduc Habshan‑Fujairah aux Émirats ont permis d’acheminer une part croissante des exportations sans passer par Ormuz. En septembre 2026, environ 40 % des exportations du Golfe contournaient le détroit, contre 17 % avant le conflit, offrant une capacité supplémentaire mais limitant la flexibilité logistique et augmentant la dépendance à des infrastructures fixes.
Coûts de transport, sécurité et niveaux de stocks
Ces solutions ont un coût. Les primes de fret et d’assurance ont fait grimper les coûts de transport jusqu’à environ 40 dollars par baril ces dernières semaines, soit près de dix fois les niveaux habituels. Le mois d’octobre a aussi enregistré une hausse marquée des incidents contre des navires commerciaux, ce qui renforce les surcoûts opérationnels et les primes d’assurance. Parallèlement, les stocks mondiaux ont continué de se contracter : une baisse d’environ 10 millions de barils en septembre a laissé le stock observé plusieurs centaines de millions de barils en dessous du niveau d’avant-guerre, réduisant la marge de manœuvre en cas de nouvelle interruption d’approvisionnement.
Les indicateurs disponibles montrent donc une offre physiquement présente mais contrainte : les barils circulent, mais la chaîne d’approvisionnement n’est ni fluide ni sécurisée, et la hausse des coûts réduit le bénéfice immédiat d’un volume exporté plus élevé.
La perspective d’un retour complet à la situation d’avant-conflit reste incertaine tant qu’une désescalade durable n’aura pas été obtenue. Sans accord politique significatif, les étapes nécessaires à une normalisation — sécurisation du transit, déminage éventuel, retour des équipes et des opérations de transport, réouverture intégrale des champs actuellement interrompus — prendront du temps et supposeront des efforts logistiques et diplomatiques considérables. En attendant, les prix continueront de refléter un risque géopolitique élevé, des marges de fret surévaluées et des stocks mondiaux affaiblis, ce qui maintient la volatilité et pèse sur les perspectives économiques liées aux hydrocarbures.