ONU met fin à la mission MINUTUS en Somalie et transfère ses responsabilités
L’ONU met fin à sa mission politique en Somalie après plus de trente ans
L’ONU a mis fin à sa mission politique en Somalie; responsabilités transférées aux autorités somaliennes alors que violence et crise humanitaire persistent.
La Mission d’assistance transitoire des Nations Unies en Somalie (MINUTUS) a officiellement cessé ses opérations le samedi 31 octobre 2026, après une transition de deux ans demandée par le gouvernement somalien. Ce retrait marque la fin d’une présence politique onusienne continue depuis le début des années 1990 et clôt une phase longue et souvent controversée d’intervention internationale visant à stabiliser le pays après la guerre civile.
Fin officielle de la MINUTUS et calendrier de transition
La MINUTUS a terminé une feuille de route convenue avec les autorités somaliennes, qui prévoyait le transfert progressif de ses responsabilités opérationnelles et politiques. Les pouvoirs de médiation, de soutien administratif et certaines fonctions de sécurité ont été remis aux institutions somaliennes, à d’autres agences des Nations Unies et au bureau onusien chargé du soutien logistique aux troupes de l’Union africaine (UNSOS). Le secrétaire général a salué les avancées enregistrées mais a appelé la communauté internationale à maintenir son appui face aux défis restants.
Transfert des responsabilités aux autorités somaliennes
Les ministères et institutions nationales ont repris des tâches variées, allant de la conduite des processus électoraux à la coordination du développement et de la sécurité. Le gouvernement du président Hassan Sheikh Mohamud avait formellement demandé le retrait de la mission en 2024 et a présenté la clôture comme une étape vers la souveraineté pleine et entière. Les autorités somaliennes insistent sur leur capacité à diriger les négociations politiques et la reconstruction, tout en sollicitant une assistance ciblée pour les domaines techniques et humanitaires.
Tensions politiques internes et contestation de la légitimité
La fermeture intervient dans un climat politique tendu. Les principaux chefs de l’opposition rejettent la lecture du gouvernement selon laquelle des changements constitutionnels permettraient au président et au Parlement de rester en fonction jusqu’en 2027. Les appels à des pourparlers nationaux ont été lancés par le président, mais plusieurs partis d’opposition n’ont pas confirmé leur participation. Les divisions régionales et des différends sur le partage du pouvoir restent des points de friction susceptibles d’affecter la stabilité à court terme.
Menace d’Al-Shabab et rôle des forces de l’Union africaine
Malgré le retrait de la MINUTUS, la menace d’Al-Shabab perdure. Les forces de l’Union africaine continuent d’opérer au côté des forces somaliennes pour contenir les attaques et protéger les axes stratégiques, mais leurs capacités logistiques et médicales dépendent largement du soutien fourni par un bureau onusien distinct, l’UNSOS. Ce soutien couvre notamment l’approvisionnement en carburant, la nourriture, les évacuations médicales et le transport du matériel. Des incertitudes subsistent sur la durée de ce soutien.
Coupe dans l’aide humanitaire et conséquences sur les services
Le financement international de l’aide en Somalie a diminué, touchant durement les services essentiels. En août, l’agence onusienne pour l’enfance a indiqué que 205 établissements de santé et de nutrition avaient dû fermer leurs portes après des réductions de financement. Les organisations humanitaires rapportent une augmentation des besoins, alors que la fermeture de structures aggrave l’accès aux soins et la sécurité alimentaire, surtout dans les régions rurales et les camps de déplacés.
Risques logistiques et perspectives internationales
Le maintien opérationnel des forces de sécurité et de soutien est menacé par des décisions politiques externes affectant les structures logistiques. Ce soutien vital pourrait prendre fin d’ici décembre 2027 dans le cadre d’un plan visant à fermer le bureau onusien qui assure l’appui logistique aux troupes de l’Union africaine, une décision soutenue au niveau international et qui, si elle se concrétise, obligerait à reconfigurer rapidement les mécanismes de soutien militaire et humanitaire sur le terrain. Sans alternative clairement définie, la capacité de riposte contre les groupes armés et la continuité des programmes sociaux sont en jeu.
La fin de la MINUTUS marque une transition symbolique et concrète pour la Somalie : elle laisse le pays avec plus de responsabilités nationales mais aussi avec des défis immuables — divisions politiques, menace persistante d’Al-Shabab et fragilité des systèmes humanitaires. La capacité des autorités somaliennes, appuyées par des partenaires internationaux et régionaux, à stabiliser le pays dépendra désormais de relais institutionnels efficaces, d’un financement durable et d’une solution logistique pour remplacer les soutiens extérieurs qui s’éloignent.