Tomates marocaines : le Maroc devient 2e fournisseur du Royaume‑Uni devant l’Espagne
Maroc en tête devant l’Espagne sur les exportations de tomates vers le Royaume‑Uni, écart de prix marqué
Entre septembre 2025 et août 2026, le Maroc a exporté 122,89 millions de kilos de tomates vers le Royaume‑Uni, contre 63,05 millions pour l’Espagne, tandis que les Pays‑Bas restent en tête avec 162,95 millions de kilos.
Le Royaume‑Uni a importé 122,89 millions de kilos de tomates en provenance du Maroc sur la période septembre 2025–août 2026, soit près du double des volumes espagnols (63,05 millions de kilos). Les Pays‑Bas conservent toutefois la première place avec 162,95 millions de kilos, représentant 41,67 % du marché britannique. Le Maroc détient désormais 31,42 % des importations de tomates du Royaume‑Uni, contre 16,12 % pour l’Espagne, un basculement significatif dans la structure des approvisionnements.
Volumes importés par pays
Sur la période étudiée, les volumes montrent une concentration importante autour de trois fournisseurs. Les Pays‑Bas, le Maroc et l’Espagne fournissent près de 90 % des tomates importées par le Royaume‑Uni. Après les trois leaders viennent la Belgique avec 27,66 millions de kilos et l’Italie avec 5,62 millions. Le Maroc se situe à environ 40 millions de kilos des volumes néerlandais, un écart qui illustre l’effort nécessaire pour prétendre à la première place sur le marché britannique.
Écart de prix et valeur des échanges
Le prix moyen à l’importation diffère nettement entre fournisseurs : 1,54 euro le kilo pour les tomates marocaines contre 2,44 euros pour les tomates espagnoles. Cet écart de 90 centimes se répercute sur la valeur totale des échanges : les exportations marocaines représentent 188,94 millions d’euros, tandis que les ventes espagnoles atteignent 154,11 millions d’euros. Malgré des quantités presque deux fois supérieures pour le Maroc, la différence de prix limite l’écart en valeur à environ 22,6 %. La compétitivité prix du Maroc apparaît comme un facteur central de sa progression sur le marché britannique.
Évolution historique depuis 2005
La recomposition des approvisionnements britanniques est marquée par un changement durable. En 2005, l’Espagne exportait 182,68 millions de kilos vers le Royaume‑Uni, alors que le Maroc n’en fournissait que 1,4 million. Depuis, les volumes marocains ont connu une multiplication spectaculaire. Le renversement des positions entre Maroc et Espagne s’est concrétisé en 2021, année où le Maroc a dépassé l’Espagne pour la première fois. En 2022, le Maroc a même été brièvement devant les Pays‑Bas sur l’année, avant que ces derniers ne reprennent l’avantage.
Concentration et dépendances du marché britannique
La domination des quelques pays fournisseurs souligne la forte concentration des importations britanniques de tomates. Trois pays assurent l’essentiel des approvisionnements, ce qui expose la filière britannique aux variations de production, aux conditions climatiques et aux décisions logistiques de ces fournisseurs. Les quantités envoyées par la Belgique et l’Italie restent marginales en comparaison, mais peuvent jouer un rôle de complément saisonnier ou de niche selon les segments de qualité et de variété recherchés par la distribution.
Conséquences commerciales et perspectives
L’écart de prix observé entre tomates marocaines et espagnoles interroge la structure des coûts, les modèles de production, et les choix de gamme des exportateurs. La compétitivité du Maroc sur le prix favorise des volumes élevés mais peut limiter la valeur unitaire. Pour l’Espagne, une stratégie axée sur des segments à plus forte valeur ajoutée ou sur la diversification des marchés pourrait compenser le recul en volumes. Du côté britannique, les acheteurs continuent de privilégier un mix fournisseur qui combine volumes, prix et disponibilité saisonnière. Atteindre les volumes néerlandais resterait néanmoins un objectif ambitieux pour le Maroc, nécessitant des investissements dans la production et la logistique.
Les chiffres récents confirment une réorganisation durable des flux de tomates vers le Royaume‑Uni, marquée par la progression significative du Maroc. Les variables prix, volumes et parts de marché continueront d’orienter les décisions des producteurs et des acheteurs dans les saisons à venir.