Ryanair renforce sa présence au Maroc avec 17 nouvelles lignes et base à Rabat
Ryanair réduit son objectif annuel à 214 millions de passagers et renforce massivement ses capacités au Maroc cet hiver
Ryanair abaisse son objectif 2026/27 à 214M de passagers et augmente ses capacités au Maroc : 5,3M de sièges, 156 lignes et une cinquième base à Rabat, cet hiver.
Ryanair a annoncé une révision à la baisse de son objectif de trafic annuel, ramenant sa cible de 216 à 214 millions de passagers pour l’exercice se terminant en mars 2027. La réduction, décidée en septembre et confirmée dans les résultats semestriels, porte principalement sur la période novembre-mars, durant laquelle la compagnie prévoit une quasi-stagnation du trafic. Malgré cette révision, le transporteur accélère son développement au Maroc, où il a alloué une capacité hivernale sensiblement renforcée.
Baisse de l’objectif annuel et focalisation saisonnière
La correction de l’objectif traduit un ajustement tactique face à des incertitudes saisonnières et au renchérissement des coûts. Ryanair précise que la diminution concerne essentiellement la basse saison (novembre à mars), période où la demande et les marges peinent à compenser la hausse des charges. L’entreprise conserve néanmoins une vision long terme sur la croissance des marchés porteurs.
Croissance marocaine: chiffres et déploiement
Pour l’hiver, Ryanair a programmé 5,3 millions de sièges vers et depuis le Maroc, soit une augmentation de 12 % par rapport à la saison précédente. Le réseau marocain comptera 156 lignes, dont 17 nouvelles desservant 13 aéroports du Royaume. La compagnie a basé 16 appareils au Maroc, incluant deux avions à Rabat, qui devient la cinquième base de Ryanair dans le pays. Ce renforcement traduit une stratégie d’allocation d’appareils vers des plates-formes jugées plus rentables.
Critères de sélection des marchés selon la direction
La direction operationale indique que le groupe privilégie les pays et aéroports qui réduisent taxes et redevances. Les décisions de capacité seraient donc fortement influencées par les conditions tarifaires locales. Dans ce cadre, le Maroc est explicitement cité parmi les marchés favorisés, aux côtés d’autres pays affichant une croissance à deux chiffres des capacités cet hiver.
Effet des coûts du carburant sur les résultats
La hausse du prix du kérosène a pesé sur les résultats du groupe: le bénéfice semestriel a diminué de 15 %, à 2,15 milliards d’euros, malgré une hausse de 6 % du nombre de passagers transportés. Le prix du carburant acheté hors contrats de couverture a doublé, selon la compagnie, ce qui a conduit Ryanair à limiter ses capacités pour réduire son exposition aux fluctuations énergétiques.
Réajustements de réseau en Europe
Si le Maroc bénéficie d’un renforcement, Ryanair réduit ses capacités sur certains marchés européens jugés trop coûteux. Les capacités chutent d’environ 10 % en Autriche et en Belgique, tandis que l’Allemagne, la France et le Royaume‑Uni enregistrent des reculs. Certaines liaisons sont supprimées cet hiver — la desserte entre Bruxelles‑Zaventem et Marrakech figure parmi les lignes retirées — alors que des alternatives depuis des aéroports à moindre coût, comme Charleroi, sont maintenues.
Conséquences pour les aéroports et le tourisme marocain
L’augmentation des capacités vers le Maroc représente une opportunité pour les aéroports et l’industrie touristique: davantage de sièges et de liaisons nouvelles peuvent soutenir la saisonnalité, attirer des visiteurs européens et dynamiser l’hôtellerie et les services associés. Les aéroports locaux cherchent à attirer des compagnies capables d’apporter avions et passagers supplémentaires, notamment en vue d’événements à moyen terme comme la Coupe du monde 2030 organisée conjointement par l’Espagne, le Portugal et des partenaires nord-africains, qui motive des arbitrages de capacité et des investissements.
La dynamique favorable présente cependant des risques: une concentration accrue de la capacité sur quelques plates-formes expose les hubs marocains à la volatilité du marché et aux décisions commerciales d’un opérateur low-cost dominant. La dépendance à l’égard de décisions tarifaires (taxes, redevances) et au coût du carburant demeure un facteur d’incertitude pour la stabilité des liaisons et l’emploi local lié aux opérations aéroportuaires.
En conclusion, Ryanair combine un recentrage saisonnier et une allocation stratégique de capacité: réduction légère de l’objectif annuel et inertie pendant la basse saison, tout en intensifiant sa présence au Maroc avec des sièges supplémentaires, de nouvelles lignes et des bases locales. Ces mouvements redessinent l’équilibre des flux aériens entre l’Europe et le Maroc et appellent les acteurs locaux à renforcer l’attractivité tarifaire et opérationnelle de leurs aéroports pour capter les bénéfices de cette hausse de capacité.