
Airbnb et réservation au Maroc: Attention aux taxes
Conformément à l’article 154 BIS du Code des impôts généraux, les propriétaires de biens immobiliers et les détenteurs d’un droit usufruit sont tenus de soumettre une déclaration détaillée de leur propriété, y compris les montants des loyers annuels, avant le 1er mars prochain. En ce qui concerne les investisseurs utilisant des plateformes de location immobilières et Airbnb, ils doivent déclarer le revenu généré chaque année par cette activité qui est soumise à l’impôt sur le revenu.
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Dans la déclaration, les contribuables concernés doivent informer leur nom et leur prénom, l’emplacement et la description de la propriété louée, le numéro d’enregistrement dans le registre des services municipaux, le montant total des loyers annuels reçus, le montant total des loyers annuels payé et le montant correspondant de la taxe conservée à la source. Les contribuables marocains sont invités à régulariser leur situation, au risque de subir des ajustements fiscaux périodiques. Les contrôleurs d’impôt suivent de près ce dossier en raison de l’augmentation notable des investissements dans le secteur de la location immobilière, en particulier en été, et des revenus importants générés par cette activité.
Selon la loi 80.14, concernant les établissements touristiques et d’autres formes d’hébergement touristique au Maroc, les investisseurs dans la location de l’immobilier via des plateformes telles que la réservation et Airbnb doivent, sous la peine de sanctions financières, obtenir une autorisation opérationnelle pendant une durée de 5 ans et payer l’impôt sur le revenu, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à un taux de 10%. La taxe sur la promotion de la taxe touristique et du tourisme est perçue auprès des locataires et donnée à l’administration fiscale.
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“Se conformer à ces obligations ne protège pas seulement les hôtes au niveau juridique, mais contribue également à la structuration du secteur et à renforcer la confiance entre les propriétaires et les locataires”, a déclaré un comptable agréé et un conseiller fiscal dans une déclaration à Se débattre. Un expert immobilier et fiscal spécifiera pour sa part que “l’application d’une taxe de 20% sur le revenu net, ajoutée à une taxe municipale de 10,5%, est une approche audacieuse pour structurer le secteur, mais il pose également des défis, en particulier en ce qui concerne la réaction des propriétaires à ces obligations ».
En outre, ces nouvelles obligations fiscales pourraient amener certains propriétaires à ne plus déclarer leurs revenus de location, promouvant le secteur informel. “L’évasion fiscale pourrait s’intensifier, ce qui rend encore plus difficile pour les autorités le suivi précis des revenus de location”, note l’expert. Ces réformes continuent de susciter des préoccupations parmi les professionnels qui s’interrogent sur leurs effets sur le marché immobilier au Maroc.