Algérie sous pression pour le Sahara
Selon les fuites de Washington rapportées par la chaîne américaine Al-HurraMassad Boulos a demandé explicitement au président algérien que l’Algérie s’efforçait de convaincre la gestion du Front de Polisario pour accepter le plan d’autonomie marocain et que le pays prépare un opération de normalisation des relations avec Israël, révèle Jeune Afrique. Selon le mensuel publié à Paris, le conseiller du président américain Donald Trump pour les affaires arabes, du Moyen-Orient et de l’Afrique, a affirmé, lors des discussions que les États-Unis et de nombreux pays occidentaux croient que la poursuite du conflit autour du Sahara et de la rupture entre l’Algérie et le Maroc compromettent la stabilité de l’intégration économique dans le nord.
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Mais, le président Tebboune maintient sa position. Il a rejeté toute concession sur la question du Sahara qu’il a décrit comme une “ligne rouge”. De plus, il a catégoriquement refusé toute normalisation avant la création d’un État palestinien. Position qu’il a réitéré lors d’une interview avec les médias algériens le 19 juillet. “Je n’abandonnerai pas les Sahraouis pour satisfaire certains et donc devenir impérialiste (…) Nos principes n’ont pas changé”, a-t-il déclaré. L’auteur de l’article souligne que cette rigidité algérienne se produit à un moment où l’isolement de l’Algérie augmente. En effet, trois membres permanents du Conseil de sécurité, à savoir les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara.
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L’Espagne et l’Allemagne, alors les Pays-Bas, ont rejoint la liste des pays européens qui considèrent que le plan d’autonomie du Sahara sous la souveraineté marocaine est la seule solution applicable. “La communauté internationale est fatiguée de cette question”, a déclaré l’ancien diplomate marocain Ahmed Fathi Faouzi, ajoutant que les grandes puissances croient que le moment est venu de parvenir à un règlement pour mettre fin à un conflit qui empêche la stabilité de l’Afrique du Nord et pèse sur l’Europe du Sud. De plus, le compte à rebours a commencé aux Nations Unies en préparation du mois d’octobre, qui pourrait marquer une redéfinition du mandat de Minurso, abandonnant ainsi de facto l’option référendaire, et celle-ci, sur la base d’un rapport qui sera présenté par la même source.
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Jusque-là, la Chine, la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité, qui multiplie ses investissements dans le Maroc et est sensible aux questions d’intégrité territoriale, pourrait changer la position et soutenir le plan d’autonomie proposé par Rabat pour le Sahara. Pour Jeune Afrique, les données actuelles semblent favorables à Rabat, qui bénéficie du soutien américain et européen, tandis que l’Algérie est confrontée à la perspective d’une défaite stratégique difficile à assumer face à l’entêtement du président Tebboune. Les “lignes rouges (qu’elle impose) se développent sous pression internationale”, conclut la publication.