Amnesty rapporte plus de 100 morts après frappe aérienne au marché de Jilli
Plus de 100 morts dans une frappe aérienne près du marché de Jilli, État de Yobe
Frappe aérienne à Jilli (État de Yobe) : plus de 100 morts et des dizaines de blessés. Autorités et ONG exigent une enquête impartiale et des secours d’urgence.
Des dizaines de personnes ont perdu la vie après une frappe aérienne qui a touché la zone proche du marché hebdomadaire du village de Jilli, dans l’État de Yobe, au nord-est du pays. Les bilans provisoires font état d’au moins cent morts et de nombreuses personnes blessées, tandis que des autorités locales et des organisations de défense des droits humains appellent à une enquête indépendante et à une réponse humanitaire immédiate.
Bilan humain provisoire
Les chiffres communiqués dans l’immédiat indiquent plus de 100 personnes tuées et plusieurs dizaines blessées, certains témoignages locaux estimant que le total des victimes, morts et blessés, pourrait approcher les 200. Des blessés ont été évacués vers des centres hospitaliers à Geidam et Maiduguri; un hôpital de Geidam signale l’admission d’au moins vingt-trois patients gravement atteints. Les autorités sanitaires locales continuent de recevoir des rapports épars en provenance du lieu de l’incident, rendant le bilan encore susceptible d’évoluer.
Lieu et déroulement de l’attaque
L’incident s’est produit à Jilli, un village situé près de la frontière entre les États de Yobe et de Borno, une région marquée par un conflit prolongé. La frappe a visé une zone fréquentée, au moment où des habitants se rendaient au marché hebdomadaire. Des témoins sur place décrivent des scènes de panique au moment de l’impact, avec des commerçants et des clients dispersés entre les étals, et des secours arrivant difficilement face aux conditions de sécurité et aux routes endommagées.
Positions des forces armées et des autorités locales
L’armée de l’air a affirmé que l’opération visait des combattants armés lors d’une mission menée sur l’axe Jilli, et a indiqué que l’objectif n’était pas un marché. De leur côté, les autorités de l’État de Yobe ont reconnu qu’une frappe aérienne avait eu lieu à proximité d’un marché fréquenté par la population. Un conseiller militaire de l’État a précisé que des personnes se rendant au marché hebdomadaire avaient été touchées lors de l’incident, sans fournir de détails supplémentaires sur la chaîne de commandement ou les règles d’engagement ayant conduit à l’attaque.
Intervention des secours et prise en charge
L’agence régionale de gestion des urgences a signalé avoir activé des procédures d’intervention après la réception de rapports faisant état de victimes parmi les commerçants. Des équipes médicales et des véhicules ambulanciers ont été déployés vers les hôpitaux voisins pour stabiliser et traiter les blessés. La saturation des capacités locales et la distance des infrastructures de santé compliquent toutefois la prise en charge, obligeant certaines victimes à être transférées vers des établissements mieux équipés dans les villes voisines.
Appels à enquête et réactions de défense des droits
Des organisations de défense des droits humains ont condamné l’usage de frappes aériennes dans des zones peuplées, qualifiant ce recours de force meurtrière et demandant une enquête immédiate, impartiale et transparente. Ces appels insistent sur la nécessité d’établir les circonstances précises de l’opération, d’identifier les responsabilités et de garantir que des mesures soient prises pour prévenir de nouveaux dommages collatéraux aux civils. Les autorités locales sont également sommées de faciliter l’accès des enquêteurs et des équipes humanitaires au site.
Contexte du conflit dans le nord-est
La région frontalière entre Yobe et Borno est au cœur d’une insurrection de longue date qui a causé la mort de milliers de personnes et forcé des millions d’autres à fuir. Les opérations militaires régulières contre des groupes armés non étatiques entraînent des risques persistants pour la population civile, notamment lors d’actions aériennes menées dans des zones où civils et combattants coexistent de façon dispersée. Les autorités nationales et régionales font face à la contrainte de poursuivre des opérations de sécurité tout en protégeant les populations vulnérables.
Les autorités locales ont indiqué que l’enquête administrative et judiciaire serait engagée pour établir les circonstances exactes de l’attaque. En attendant, les priorités immédiates restent l’augmentation des capacités médicales, la sécurisation des voies d’accès pour les secours et la prise en charge des familles touchées par la tragédie.