Attaque sur South Pars fait bondir les prix du pétrole et menace l’inflation mondiale
Attaque sur South Pars : le pétrole s’envole et le risque d’une inflation mondiale monte
Frappe sur South Pars le 18 mars 2026 : le Brent grimpe de 5%, perturbant exportations et approvisionnement mondial et renforçant le risque d’inflation durable.
Les prix du pétrole ont nettement augmenté le 18 mars 2026 après une frappe signalée contre le champ gazier iranien de South Pars, exacerbant les tensions au Moyen-Orient et ravivant les craintes d’une poussée inflationniste mondiale si les cours restent élevés sur une période prolongée. Le Brent a bondi d’environ 5 % à 108,66 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate a progressé de 2,5 % à 98,65 dollars, creusant la décote du WTI par rapport au Brent au niveau le plus important depuis mai 2019.
Surtension immédiate des cours
La réaction des marchés a été rapide. Les opérateurs ont intégré le risque d’une escalade régionale persistante et de nouvelles ruptures d’approvisionnement. La hausse importante du Brent reflète la sensibilité des prix aux perturbations dans une région qui assure une part substantielle des exportations énergétiques mondiales. Les écarts entre indices européens et américains illustrent aussi les différences de vulnérabilité des infrastructures et des routes d’exportation.
Attaque sur South Pars et dégâts signalés
Les médias d’État iraniens ont rapporté que des installations liées au champ offshore de South Pars, situé au large de la province de Bushehr et considéré comme le plus grand gisement gazier du monde, avaient été frappées. L’information a été relayée rapidement par les marchés, même si les détails sur l’ampleur des dégâts et les pertes de production restent encore partiels. South Pars alimente à la fois le marché national iranien et, via marchés régionaux, une portion importante des flux de gaz liquéfié et de condensats.
Menaces des Gardiens et incendie à Ras Laffan
Peu après l’attaque, les Gardiens de la révolution iranienne ont menacé d’attaquer des infrastructures énergétiques au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, ce qui a accru la probabilité de nouvelles perturbations. Les autorités qatariennes ont par ailleurs signalé un incendie à l’installation gazière de Ras Laffan, déclenché selon eux par une attaque au missile balistique; l’incendie a ensuite été maîtrisé, selon un communiqué officiel. Ces développements ont mis en lumière la vulnérabilité des complexes gaziers et pétroliers concentrés dans le Golfe.
Blocages via le détroit d’Ormuz et pertes de production
Les combats et les menaces régionales ont entravé la plupart des expéditions transitant par le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Les évaluations disponibles évoquent des réductions de production au Moyen-Orient estimées entre 7 et 10 millions de barils par jour, soit l’ordre de 7 à 10 % de la demande mondiale. De telles coupes, si elles se prolongent, sont susceptibles de maintenir durablement les prix à un niveau élevé.
Mesures d’urgence prises par les États-Unis
En réaction aux tensions et aux risques d’approvisionnement, l’administration américaine a annoncé une dérogation de 60 jours à la Jones Act pour permettre à des navires étrangers de transporter carburants, engrais et autres marchandises entre ports américains, allégeant ainsi des contraintes logistiques internes. Le Trésor américain a également délivré une licence générale autorisant certaines transactions impliquant la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA, cette dernière mesure visant à diversifier et sécuriser les sources d’approvisionnement à court terme.
Reprise partielle des exportations irakiennes
Face à la crise, l’Irak a cherché à augmenter ses flux pour compenser les interruptions régionales. Des responsables de la North Oil Company ont indiqué que les exportations par pipeline avaient repris après un accord entre Bagdad et le gouvernement régional du Kurdistan conclu le 17 mars 2026 pour relancer les flux. Des responsables pétroliers ont mentionné l’objectif de pomper au moins 100 000 barils par jour via le port concerné, une tentative de limiter l’impact sur le marché mondial.
Les analystes soulignent que si les perturbations restent temporaires, l’effet sur l’inflation pourrait être contenu. En revanche, un maintien des prix élevés du pétrole et du gaz pendant plusieurs mois augmenterait la probabilité d’une vague d’inflation mondiale, avec un impact sur les coûts de l’énergie, du transport et des intrants industriels. Les économies dépendantes des importations énergétiques, en particulier, seraient les plus vulnérables, tandis que les banques centrales pourraient être contraintes d’ajuster leurs politiques pour contrer la hausse des prix.