BRICS présidés par l’Inde restent silencieux sur la guerre américano-israélienne contre l’Iran
BRICS silencieux après l’offensive américano‑israélienne contre l’Iran
Présidence indienne et intérêts bilatéraux fragilisent l’unité des BRICS après l’offensive américano‑israélienne contre l’Iran; silence officiel et réponses.
La communauté internationale observe un silence institutionnel inhabituel du groupe des BRICS près d’une semaine après le déclenchement des frappes conjointes américano‑israéliennes contre l’Iran. L’opération, qui a inclus des attaques de missiles et de drones et a tué plus de 1 230 personnes au cours de ses six premiers jours, a provoqué des réactions nationales dissonantes parmi les membres du bloc tandis que l’organisation présidée par l’Inde reste dans l’ensemble muette.
Silence institutionnel des BRICS un week‑end après le déclenchement
Depuis le passage de la présidence des BRICS à l’Inde en décembre 2025, l’organisation n’a pas publié de déclaration collective condamnatrice ou de prise de position claire sur l’opération dite Epic Fury. Alors que, lors d’un conflit précédent en juin de l’année précédente, le bloc avait rapidement dénoncé des attaques jugées contraires au droit international, l’absence de communication officielle cette fois marque un changement notable de ton au niveau multilatéral.
Positions nationales divergentes au sein des membres fondateurs
Individuellement, plusieurs membres fondateurs ont exprimé des réactions contrastées. L’Afrique du Sud a demandé un cessez‑le‑feu et s’est dite prête à jouer un rôle de médiation, tandis que la Russie a dénoncé les attaques comme des actes d’agression et a critiqué l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors des frappes. La Chine a rejeté toute frappe militaire contre l’Iran et a évoqué la nécessité de préserver les négociations régionales. Ces positions illustrent l’écart entre les réponses nationales et l’absence d’un message commun.
Rôle central de l’Inde et visites diplomatiques sensibles
La prudence de l’Inde est au cœur des interrogations. New Delhi a appelé à une « fin rapide du conflit » et privilégié le dialogue, sans condamner explicitement les attaques. Le contexte diplomatique est crucial : le Premier ministre Narendra Modi a effectué une visite d’État en Israël les 25 et 26 février 2026 et a qualifié le partenariat bilatéral de « partenariat stratégique spécial », signant des accords dans la défense et l’intelligence artificielle. Ces éléments ont alimenté des critiques internes selon lesquelles la présidence indienne des BRICS privilégie des relations bilatérales au détriment de la cohésion de l’alliance.
Pressions commerciales et recalibrage stratégique avec Washington
Les relations entre l’Inde et les États‑Unis ont connu des tensions importantes en 2025 autour des droits de douane sur les importations indiennes et des achats de pétrole russe. Des négociations ultérieures ont abouti à un accord qui a réduit des droits de douane et entraîné des concessions commerciales. Ce contexte économique et stratégique rend explicable, pour certains analystes, la posture mesurée de New Delhi sur la scène sécuritaire internationale, afin de préserver ses gains économiques et sa relation avec Washington.
Élargissement des BRICS et défis de cohésion sur les questions de sécurité
Depuis sa création, le groupe a élargi son mandat à des questions de sécurité et s’est agrandi pour inclure de nouveaux membres tels que l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cet élargissement accroît la diversité des intérêts au sein du bloc et complique l’émergence de positions uniformes. Les exercices militaires conjoints récents, organisés dans certains États membres, soulignent à la fois la dimension sécuritaire croissante des BRICS et les limites de la coordination lorsque des intérêts bilatéraux s’imposent.
Scénarios pour l’avenir de l’unité des BRICS
L’absence d’un communiqué unifié met en lumière la vulnérabilité d’un mécanisme multilatéral composé d’États aux priorités stratégiques parfois contradictoires. Pour que les BRICS maintiennent une voix collective crédible, les membres devront trouver un terrain d’entente autour du multilatéralisme et de la non‑intervention, tout en gérant leurs relations bilatérales avec des acteurs comme les États‑Unis, la Russie et Israël. La Chine, qui valorise la cohésion du bloc, continuera probablement à encourager la médiation plutôt que l’escalade.
La réaction différenciée des membres et le silence institutionnel de l’organisation présidée par l’Inde soulèvent des questions sur la capacité des BRICS à agir comme plateforme politique unifiée lorsqu’un conflit touche directement un de ses membres. La manière dont le groupe gérera ce test de cohésion au cours des prochaines semaines déterminera en grande partie sa crédibilité future en matière de sécurité internationale.