ces notaires hors-la-loi
Le chiffre est surprenant. En 2025, pas moins de 4.861 plaintes ont été déposées contre les notaires au Maroc. Lors d’une réunion à Casablanca avec l’Ordre national de la profession, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a dressé un bilan sans concession d’un secteur en plein bouleversement, où les sanctions pénales et les radiations se multiplient pour redonner confiance aux citoyens.
Sur l’ensemble des signalements, près d’un millier de dossiers ont été transmis au parquet et 3 866 à la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). La réponse des autorités a été immédiate : 16 suspensions provisoires et 7 interdictions définitives d’exercice ont été prononcées cette année. Sur le plan judiciaire, l’étau se resserre également. Quinze notaires ont fait l’objet de poursuites pénales ayant abouti à des peines de prison pour quatre d’entre eux. A ce jour, 26 professionnels du secteur dorment derrière les barreaux.
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Cette dérive a un prix élevé pour la profession. Le Fonds de garantie des notaires a dû débourser 46 millions de dirhams pour indemniser les victimes en 2025. Un montant qui inquiète le ministre, qui refuse de voir cet organisme transformé en « fonds d’indemnisation des victimes de détournements de fonds » au détriment de la formation. Avec fermeté, Abdellatif Ouahbi a écarté toute idée de médiation pour les notaires concernés, soulignant que « les initiatives de conciliation n’aboutissent généralement pas ».
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Pour sécuriser les transactions et éradiquer la spoliation des terres, le gouvernement prépare la création d’un registre national des testaments. Ce nouvel outil technique vise à rendre quasiment impossible la falsification des documents officiels. En renforçant les mécanismes disciplinaires et en garantissant l’impartialité des contrôles, le ministère de la Justice espère assainir durablement une profession qui reste un pilier essentiel de la sécurité juridique au Maroc.