Cette initiative du roi Mohammed VI qui veut ouvrir l’Afrique
Connectez les pays du Sahel à la mer à travers sa façade de l’Atlantique. C’est l’objectif de ce méga projet qui “transformera considérablement l’économie de ces pays” et “toute la région”, a déclaré Mohammed VI. La réalisation de l’initiative de l’Atlantique permettra au Maroc de tuer plusieurs coups avec une pierre. Rabat pourrait ainsi étendre son influence en Afrique, développer son Sahara et renforcer ses relations bilatérales avec le Mali, le Niger et le Burkina.
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Le souverain marocain avait fait cette annonce dans un contexte géopolitique particulier marqué par des coups d’État et de l’installation de régimes militaires dans ces trois pays, une rupture de leurs relations bilatérales avec l’Occident et un rapprochement avec la Russie, sans oublier leur isolement par l’Union africaine et la CEDEAD. Pour rappel, le Niger, le Burkina et le Mali ont créé en septembre 2023 L’Alliance des États du Sahel (AES).
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Le Maroc est “l’un des tout premiers pays avec lesquels nous avons trouvé la compréhension, lorsque la CEEDAS et d’autres pays étaient sur le point de nous donner la guerre”, a déclaré Bakary Yaou Sangaré, le ministre nigérian des Affaires étrangères fin avril, en veillant à ce que “l’initiative royale soit un Boon pour nos pays”. Avec ce projet de l’Atlantic Initiative, le Maroc, dans une “triangularité” avec l’Afrique et l’Occident, est “rentable ces échecs en se positionnant dans le Sud mondial en tant que partenaire fiable de l’Europe” et en Afrique, analyse pour BFMTV Beatriz Mesa, professeur à l’Université internationale de Rabat.
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Qu’en est-il de la faisabilité et du financement du projet? Selon la revue “Africa (S) en mouvement”, les États-Unis, la France ou les États du Golfe, pourraient financer ce projet dont le coût est estimé à près d’un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros), selon Abdelmalek Alaoui, président du marocain Institute of Strategic Intelligence (IMIS). Mais il y a “des étapes encore à traverser”, explique l’expert nigérian Seidik Abba, président du Centre international d’études et de réflexions sur le Sahel (CIRS), mettant en évidence l’inexistence du réseau (route ou rail) entre le Maroc et le Tchad via Mauritanie et le manque de parc automobile dans la région.
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Pour sa part, Rida Lyammouri du Moroccan Reflection Group Policy Center for the New South, rappelle que “une nouvelle route terrestre” entre le Maroc et la Mauritanie est “presque finalisée”. La sécurité au Sahel reste l’une des grandes préoccupations, observe Abdelmalek Salaoui “Si vous avez des escarmouches, de facto, votre travail s’arrête”. Le futur port en eau profonde “Dakhla Atlantique” est au cœur de ce méga projet. À un coût de 1,2 milliard d’euros, ce site lancé à la fin de 2021 est à un taux de progrès de 38%. La fin des travaux est prévue pour 2028.