champs de pastèques détruits
La province de Tata traverse une crise sans précédent marquée par plusieurs années consécutives de sécheresse. Selon le président du bureau provincial du Centre marocain des droits de l’homme à Tata, les ressources en eau potable sont désormais rationnées à quelques heures par jour dans plusieurs localités. Cette dégradation de l’environnement a entraîné une forte baisse de la population locale, qui est passée de 124 000 à 111 000 habitants entre les deux derniers recensements, illustrant un phénomène de migration forcée due à l’assèchement des oasis.
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Dans les déclarations recueillies par Hespressles experts soulignent que les récentes précipitations ne doivent pas occulter la réalité du terrain. Le coordinateur de la Coalition marocaine pour le climat et le développement durable précise que le taux de remplissage des barrages ne dépasse pas 50% et que les zones désertiques, qui représentent 65% du territoire national, dépendent quasi exclusivement des eaux souterraines dont le renouvellement prend des millénaires. Le secteur agricole consommant entre 85 et 90 % des ressources disponibles, un contrôle strict de l’exploitation des eaux souterraines est considéré comme essentiel.
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L’application de la décision préfectorale d’interdiction de la culture de la pastèque est considérée par les acteurs de la société civile comme une nécessité pour assurer la pérennité des ressources vitales. Toutefois, ces derniers insistent sur l’importance d’un soutien financier et technique aux agriculteurs pour faciliter la transition vers des cultures respectueuses de l’écosystème oasien. L’objectif est de remplacer les produits exportateurs d’eau par des cultures moins exigeantes, afin de garantir la stabilité sociale des familles rurales.