De livreur de pizza en Espagne à magnat de l’immobilier au Maroc
Il n’a pas sa langue dans sa poche. Paco (pseudonyme adopté pour son pays d’accueil) considère l’Espagne comme un marché où « tout est fait » et où le coût de la vie explose. A l’inverse, il décrit le Maroc comme un eldorado pour ceux qui ont le courage d’entreprendre : « Ici, tout reste à faire ».
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Son parcours atypique l’a mené du guidon de son scooter aux chantiers de Tanger. S’il entretient certaines réserves politiques sur le quartier, il écarte le racisme : “C’est absurde, nous avons plus de points communs avec les Marocains qu’avec un Anglais.”
Tanger, la Barcelone des années 90 ?
Pour cet investisseur averti, Tanger vit actuellement ce que Barcelone a connu à la fin des années 1980 : une explosion économique et urbaine. L’industrie, le tourisme et la position stratégique de la ville attirent de plus en plus d’Espagnols qui traversent le détroit pour créer des entreprises ou investir dans l’immobilier.
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L’attrait est triple : des prix au mètre carré bien inférieurs à ceux de l’Europe, une rentabilité locative élevée et une sécurité juridique rassurante. Paco souligne une différence majeure avec l’Espagne : l’absence du phénomène « d’occupation » (squat – Okupas). Au Maroc, l’intrusion est sévèrement punie, un argument de poids pour les propriétaires étrangers traumatisés par les lois espagnoles.
“Ne viens pas pour tout faire”
Mais attention, l’Eldorado ne vient pas sans effort. L’entrepreneur prévient ses compatriotes : les débuts sont difficiles (bureaucratie, adaptation culturelle). Son conseil clé ? Arrivez avec une expertise précise. Le marché marocain est très demandé pour les métiers spécialisés : menuiserie, marketing numérique, plâtrerie ou rénovation. Pour qui a un savoir-faire, le Nord du Maroc est une voie ouverte vers la réussite.