Érythrée de retour en qualifications CAN après 18 ans reçoit l’Eswatini à Meknès
CAN 2027 : l’Érythrée met fin à 18 ans d’absence en recevant l’Eswatini à Meknès
L’Érythrée reprend la route de la CAN 2027 en accueillant l’Eswatini à Meknès le 25 mars 2026, mettant fin à 18 ans d’absence du tournoi continental africain.
L’Érythrée retrouve la compétition officielle mercredi 25 mars 2026 en disputant à Meknès le match aller du tour préliminaire de la Coupe d’Afrique des Nations 2027 contre l’Eswatini. Ce rendez-vous marque la première participation de la sélection érythréenne à une phase de qualification pour la CAN depuis 2008 et intervient après une longue période d’isolement sportif. Le match a été programmé au Stade d’Honneur de Meknès, d’une capacité d’environ 20 000 places, car l’Érythrée ne dispose pas actuellement d’infrastructures répondant aux normes internationales.
Match aller programmé à Meknès
Le match aller entre l’Érythrée et l’Eswatini se déroule au Stade d’Honneur de Meknès, la rencontre retour étant prévue le 31 mars 2026 dans le royaume d’Eswatini. Le déplacement du lieu de la rencontre en dehors de l’Afrique de l’Est s’explique par l’absence d’un stade homologué en Érythrée. Les vainqueurs sur l’ensemble des deux manches accéderont à la phase de groupes de qualification, qui, à partir de septembre, se jouera sous la forme de 12 mini-ligues de quatre nations chacune.
Raisons de l’absence prolongée
L’Érythrée, surnommée les Red Sea Camels, n’avait plus pris part à une campagne qualificative de la CAN depuis le tirage au sort de 2008. L’absence s’explique en grande partie par des départs massifs de joueurs et d’encadrants lors de déplacements internationaux. Des estimations internationales indiquent qu’environ 80 footballeurs et entraîneurs ont demandé l’asile au fil des années, invoquant la répression politique et la durée indéterminée du service militaire. Le pays reste dirigé depuis son indépendance en 1993 par Isaias Afwerki, et les autorités locales ont traversé des années de critiques sur la situation des droits humains.
Nouvelle direction sportive et effectif
La fédération érythréenne a annoncé des changements importants avant ce retour. Le sélectionneur local Ermias Tewelde a été remplacé par Hesham Yakan, ancien défenseur du club égyptien Zamalek et membre de l’équipe nationale égyptienne lors de la Coupe du monde 1990. La liste retenue pour le déplacement compte 24 joueurs : dix issus du championnat national et quatorze évoluant à l’étranger, en Australie, Égypte, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Philippines et Suède. Parmi eux, le défenseur Siem Eyob-Abraha, formé à Manchester United dans les équipes de jeunes, joue désormais en deuxième division anglaise avec Sheffield United. L’attaquant Ali Sulieman, basé en Égypte, est pressenti pour être titulaire et constitue l’une des principales menaces offensives du groupe.
Préparation, manque de compétition et classement
La principale inconnue pour l’Érythrée reste le manque de rythme collectif. L’équipe n’a pas disputé de match international compétitif depuis une défaite en qualification pour la Coupe du monde en Namibie, il y a environ sept ans, ce qui a conduit à son exclusion du classement FIFA pour inactivité. Cet état de fait contraste avec l’Eswatini, classé 46e en Afrique et 159e au niveau mondial, et qui arrive avec une expérience plus régulière des phases qualificatives. L’entraîneur de l’Eswatini, Sifiso Ntibane, a constitué un groupe mêlant joueurs locaux et éléments évoluant en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe.
Confrontations historiques et enjeux immédiats
Il s’agit de la troisième confrontation entre Érythrée et Eswatini en qualification pour la CAN ; les deux précédentes, en 2008, s’étaient soldées par des nuls 0-0. Pour l’Eswatini, l’objectif est de franchir un nouveau palier après des tentatives infructueuses lors des éditions précédentes. Pour l’Érythrée, la qualification représenterait non seulement une réussite sportive mais aussi un symbole fort de retour sur la scène continentale après presque deux décennies d’absence. D’autres nations de la phase préliminaire affrontent des contraintes similaires : plusieurs matches aller ont été déplacés en raison de stades inadéquats et des enjeux de sécurité. Par ailleurs, la phase finale de la CAN 2027 sera co-organisée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, avec des dates qui seront confirmées ultérieurement.
Les deux équipes aborderont la double confrontation sous des angles différents : l’Eswatini avec une préparation continue et une référence récente aux qualifications, l’Érythrée avec une envie de réaffirmer sa présence mais aussi avec des doutes sur la cohésion de groupe. Le résultat à Meknès déterminera en grande partie l’issue de cette courte série aller-retour et donnera le ton pour la suite du parcours des deux fédérations dans la course à la CAN 2027.