La France réclame ses fugitifs au Maroc
Le rapport annuel de la présidence du ministère public révèle une augmentation de 25% des demandes d’extradition reçues par le Maroc. Au total, 13 pays ont contacté Rabat pour récupérer 52 individus.
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Dans ce domaine, la France est largement en tête. La France est à l’origine de plus de 40 % des demandes (21 dossiers), loin devant les États-Unis, la Belgique et l’Espagne. Le Maroc joue à fond le jeu de la coopération : le taux d’exécution de ces demandes atteint 65%, la majorité des fugitifs étant renvoyés chez eux pour répondre de leurs actes, liés principalement au trafic international de drogue.
L’Espagne, terre d’asile pour les fuites ?
A l’inverse, lorsque le Maroc réclame ses propres fugitifs, la machine se grippe. En 2024, la justice marocaine a émis 90 demandes d’extradition, dont plus de la moitié (46 dossiers) à destination de l’Espagne, devenue la destination privilégiée des criminels en fuite, suivie par la France et la Belgique.
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Le problème ? Le taux de retour est faible. Seules 27,5% des demandes marocaines ont abouti. Un déséquilibre flagrant face à une efficacité de 65% alors que c’est le Maroc qui doit tenir ses promesses.
Les profils recherchés par Rabat concernent principalement le trafic de drogue et l’organisation de l’immigration clandestine. Ce rapport montre la nécessité pour les partenaires européens d’accélérer les procédures afin de ne pas laisser l’impunité s’installer de l’autre côté de la Méditerranée.