la police marocaine au cœur du démantèlement du réseau « Sombra Negra »
Les autorités de cinq pays ont porté un coup dur au crime organisé avec la conclusion de l’opération « Sombra Negra ». Cette vaste enquête, menée en collaboration avec la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine, Europol et la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN) du Maroc, a ciblé un réseau criminel d’une complexité sans précédent. L’organisation, qui opérait de l’Amérique du Sud vers l’Europe, aurait réussi à transporter environ 57 tonnes de cocaïne au cours de la seule année écoulée.
Lire : Saisie record de 10 tonnes de cocaïne : les Canaries et le détroit au cœur des trafics
Le système opérationnel du réseau reposait sur une logistique maritime sophistiquée composée de 30 bateaux, dont des « navires-mères » positionnés en haute mer. Ces véritables hôtels et stations-service flottants permettaient aux équipages de rester opérationnels plusieurs mois sans approcher les côtes, alimentés en carburant et en nourriture par des « narcolanchas ». Une fois à terre, la cocaïne était principalement transportée vers le Maroc, Cadix et les Canaries, points névralgiques d’où s’organisait la distribution du stupéfiant vers le reste du continent européen.
Deux phases de déploiement tactique
L’offensive s’est déroulée en deux temps pour couper les ramifications de l’organisation. La première phase s’est concentrée sur les îles Canaries, conduisant à 48 arrestations et à la saisie de 3,8 tonnes de drogue ainsi que de nombreux appareils de géolocalisation. La deuxième partie, réalisée en novembre dernier dans le Campo de Gibraltar, visait le centre de commandement logistique d’Algésiras et La Línea de la Concepción. Cette étape a permis l’arrestation de 57 personnes supplémentaires et le démantèlement de la branche technologique, équipée de drones et de systèmes de connexion satellite.
A lire : Entre Espagne et Maroc, du haschich dans les melons
Le modus operandi prévoyait le recours à des « faucons marins », des individus chargés de signaler la position des patrouilles maritimes et aériennes afin de diriger les narcolanchas vers des zones non gardées. Ces techniques, couplées à l’utilisation de navires-mères évitant les grands ports, montrent l’adaptation permanente du crime organisé mise en avant par Europol. Selon l’agence européenne, le trafic maritime de cocaïne atteint des niveaux sans précédent, obligeant les autorités à intensifier la coopération transfrontalière pour neutraliser les systèmes capables de contourner les contrôles traditionnels.