La sécheresse pousse le Maroc à dépendre de la France
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Philippe Heusele, directeur international d’Intercéales, « les exportateurs français livreront environ les deux tiers des besoins du Maroc en blé tendre, soit quelque 3,5 millions de tonnes, au cours de la campagne 2025-2026 ». L’organisation céréalière française a publié ces estimations mardi 7 octobre, rapporte l’agence. Reuters. Au total, le royaume devrait importer près de 5,5 millions de tonnes de blé tendre d’ici fin mai 2026, selon les évaluations croisées des commerçants marocains et de l’association française Synacomex.
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Cette forte dépendance aux importations est due à la sécheresse persistante qui frappe le Maroc depuis plus de six ans. La production nationale de blé tendre est de 2,4 millions de tonnes pour la campagne en cours, une récolte insuffisante pour couvrir les besoins nationaux. Malgré cette faible production, Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale des minoteries industrielles (FNM), se veut rassurant : « les stocks restent à un niveau confortable, couvrant plus de trois mois de besoins des minoteries industrielles ». Entre juin et septembre, le Maroc a déjà importé 1,5 million de tonnes de blé tendre, dont 996 368 tonnes de France, loin devant les États-Unis (94 688 tonnes), la Russie (85 499 tonnes) et la Lituanie (63 000 tonnes), selon les données de la Fédération nationale des commerçants de céréales et de légumineuses (FNCL).
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Les commerçants marocains présents à la conférence Intercéales à Casablanca ont souligné que la récolte française est favorablement positionnée « en raison de sa disponibilité et de sa proximité avec les ports marocains, par rapport à d’autres origines comme la région de la mer Noire ou l’Argentine ». Cette proximité géographique entre les deux rives garantit une fluidité des échanges et une meilleure réactivité en cas de besoin urgent. Les opérateurs notent que cette configuration « assure la stabilité de l’approvisionnement du Maroc à court terme, dans un contexte de forte volatilité des prix mondiaux et de conditions climatiques défavorables ».
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Par ailleurs, le Maroc veille à diversifier ses sources d’approvisionnement. Omar Yacoubi, président de la FNCL, a précisé que « le Maroc observe également les offres de la Russie, de l’Allemagne, de la Pologne et de l’Argentine, où les prix sont particulièrement attractifs ». Cette diversification des sources d’approvisionnement vise à sécuriser les stocks tout en maîtrisant les coûts.