Le boycott de la date algérienne « Deglet Nour » prend de l’ampleur au Maroc
Sur les marchés de l’Est du Royaume, les prix de la célèbre variété Deglet Nour ont considérablement augmenté, mettant ce produit hors de portée de nombreux ménages à faibles revenus. Le prix de détail atteint désormais 80 dirhams pour une boîte de deux kilogrammes, tandis que le vrac se vend autour de 45 dirhams le kilo. Les commerçants justifient cette envolée par l’augmentation des coûts logistiques et des taxes à l’importation, tout en soulignant que la demande reste soutenue par les habitudes de consommation locales.
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Cette situation économique a réactivé une virulente campagne de boycott. Militants et consommateurs appellent à se détourner des produits algériens pour des raisons de « souveraineté économique » et de soutien aux agriculteurs marocains, qui peinent parfois à écouler leurs récoltes. L’argument sanitaire est également déployé, certains critiques évoquant des soupçons sur l’utilisation de substances chimiques dans les marchandises importées, plaidant pour une tolérance zéro.
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Si la ville frontalière de Beni Drar reste une plaque tournante de ce commerce, les avis des consommateurs y sont désormais partagés. Certains clients, attachés aux traditions, continuent d’acheter Deglet Nour malgré le surcoût. A l’inverse, d’autres acheteurs se tournent vers des alternatives locales, jugeant « inacceptable » de soutenir l’économie voisine au détriment du produit national, d’autant que le pouvoir d’achat est érodé par l’inflation.
Septième producteur mondial, le Royaume dispose de variétés haut de gamme, dont la prestigieuse Medjool, capables de rivaliser avec la concurrence étrangère. Pour les partisans du boycott, la situation actuelle offre une opportunité idéale pour valoriser ce patrimoine agricole et réduire la dépendance aux importations à l’approche du mois de Ramadan.