le futur géant du Maroc qui fait trembler Melilla et Madrid
Alors que le Maroc finalise les infrastructures de Nador West Med (NWM), l’inquiétude grandit de l’autre côté de la frontière. Ce projet pharaonique de 4,7 milliards d’euros, destiné à répliquer le succès de Tanger Med, entrera en service au quatrième trimestre 2026 avec une capacité initiale de 5 millions de conteneurs. Pour le gouvernement local de Melilla, ce hub n’est pas seulement une prouesse technique, c’est un outil de pression économique qui menace de porter le coup final à la ville autonome, rapporte L’Independiente.
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Fadela Mohatar, porte-parole de l’exécutif de Melilla, a critiqué le « silence inexplicable » du gouvernement central espagnol. Selon elle, alors que le Maroc renforce sa souveraineté énergétique avec son premier terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) à Nador, Madrid a annulé les 300 millions d’euros prévus en 2018 pour l’extension du port de Melilla. Ce manque d’investissement condamne l’enclave à une perte irrémédiable de compétitivité face au dynamisme rifain.
Un choc des stratégies frontalières :
• Logistique et énergie : Alors que Nador achève 5,4 km de digues et son premier terminal GNL capable de traiter 5 milliards de m³ par an, Melilla reste dépendante d’une centrale thermique polluante et d’un port de commerce aux projets d’agrandissement avortés.
• Asphyxie commerciale : les douanes commerciales de Melilla restent inactives malgré les récents accords diplomatiques. Le manque de sécurité juridique et de calendrier de réouverture a conduit à la fermeture de nombreuses entreprises et à l’effondrement de secteurs historiques.
• Des investissements disparates : Le contraste est saisissant entre les 20 milliards de dirhams d’investissements privés déjà captés par la zone industrielle de Nador et le sentiment d’abandon ressenti par les entreprises de l’enclave espagnole.
Face à ce qu’elle qualifie de « tentative ouverte d’asphyxie » de la part de Rabat, Melilla tente de s’orienter vers une économie de services, de tourisme de croisière et de nouvelles technologies. Cependant, l’exécutif local estime que sans une défense ferme de l’Espagne auprès de l’Union européenne, l’enclave restera isolée. La ville dénonce également une dégradation des liaisons aériennes et la fin des avantages fiscaux, fragilisant encore un peu plus un tissu entrepreneurial déjà exsangue.
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Alors que Nador West Med s’apprête à redéfinir les routes maritimes en Méditerranée occidentale, Melilla se tourne vers l’Europe comme dernier recours. Pour les autorités locales, l’avenir de la ville ne peut plus dépendre d’une frontière terrestre de plus en plus restrictive, mais d’une intégration renforcée au marché communautaire pour compenser la montée en puissance de son voisin marocain.