Le Maroc joue sa crédibilité
Fouzi Lekjaa a fixé le cap sans ambiguïté : seule la victoire sera tolérée. Le président de la Fédération royale marocaine de football sait que le pays, sevré du titre continental depuis 1976, joue gros. La demi-finale de la Coupe du monde au Qatar et le titre d’Africain de l’année remporté par Achraf Hakimi ont créé un sentiment d’impuissance qui doit maintenant être concrétisé à domicile. Les équipes maghrébines, historiquement performantes sur leur sol, partent favorites, mais la concurrence du Sénégal et du tenant du titre ivoirien promet une lutte acharnée.
Lire : Coupe d’Afrique au Maroc : le football africain s’offre un luxe inédit
Cet événement festif cache cependant une genèse complexe. Le tournoi a dû se glisser dans un calendrier international saturé par la FIFA et l’UEFA, imposant pour la première fois une compétition à cheval sur les fêtes de fin d’année. En interne, les préparatifs ne se sont pas déroulés sans heurts. Les investissements massifs dans les infrastructures ont suscité la colère de certains jeunes, matérialisée par le mouvement « GenZ 212 » en octobre dernier, qui dénonçait l’écart entre ces millions dépensés et les difficultés de la vie quotidienne.
Lire : La liste de Walid Regragui plaît à un club anglais
Au-delà des polémiques logistiques et des ajustements de dernière minute au stade El Barid, la compétition conserve sa dimension sociale unique. Pour des pays comme le Soudan ou la RDC, la CAN offre une parenthèse vitale au milieu des conflits armés. Le Maroc, de son côté, espère connaître l’élan populaire connu par la Côte d’Ivoire en 2024, à condition de supporter le poids écrasant du favori.