Les employés fantômes coûtent cher aux villes marocaines
À Casablanca-Settat, Beni Mellal-Khénifra et Rabat-Salé-Kénitra, les communes ont payé chaque année des cotisations d’assurance accidents du travail pour les salariés qui ne figurent sur aucun registre officiel. Les noms de ces employés figurent sur les listes d’assurance, mais sont introuvables dans les bases de données du personnel communal, indiquent des sources. Hespress. Pendant ce temps, les vrais employés exposés quotidiennement à des risques réels se sont retrouvés sans couverture.
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Ambulanciers, ouvriers des abattoirs, jardiniers ou encore ouvriers de l’éclairage public exerçaient leur métier dans des conditions souvent précaires, sans la moindre assurance. Certaines, victimes d’accidents du travail, ont dû porter plainte pour obtenir réparation. La justice leur a donné raison, ordonnant aux communes de les indemniser. Ces arrêts pèsent lourdement sur des budgets locaux déjà fragiles. Chaque année, plusieurs collectivités inscrivent une ligne budgétaire spécifique pour verser ces compensations, précisent les mêmes sources.
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Dans la région de Casablanca-Settat, des audits ont révélé que certains élus et conseillers bénéficiaient de contrats d’assurance avantageux, tandis que les agents de terrain travaillaient sans protection. Cette situation reflète un manque total de contrôle dans la gestion des dépenses publiques et des modalités qui échappent à tout contrôle administratif. Toutefois, selon la loi, les communes doivent assurer leurs agents et membres de leurs conseils contre les accidents liés à leurs missions.
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Les témoignages recueillis par les magistrats chargés de l’audit mettent en lumière l’ampleur du problème. Les salariés affectés à des services essentiels comme le nettoyage, l’entretien ou le transport sanitaire confirment qu’ils n’ont jamais eu d’assurance, malgré les dangers quotidiens auxquels ils sont exposés dans le cadre de leur travail. Certains ont même parcouru de longues distances dans des conditions difficiles, sans aucune couverture en cas d’accident.