L’ocytocine aide à synchroniser le rythme cardiaque et la respiration, suggère une voie neuronale récemment découverte
Les fibres OT du PVN caudal au préBötC/nA peuvent amplifier le RespHRV, diminuer le mHR et augmenter la fréquence respiratoire chez les souris adultes se déplaçant librement au repos. Crédit : Buron et al. (Neurosciences de la nature, 2025).
Lorsque les humains et les autres animaux sont dans un état calme, ils ont tendance à respirer plus lentement et leur rythme cardiaque ralentit également. À l’inverse, lorsqu’ils font de l’exercice ou sont soumis à un stress psychologique, leur respiration et leur rythme cardiaque ont tendance à s’accélérer.
La variation innée du temps entre les battements cardiaques synchronisés avec la respiration est décrite par le terme variabilité de la fréquence cardiaque respiratoire (RespHRV). La synchronisation entre le cœur et la respiration est connue pour être un indicateur de la santé cardiaque et du bon fonctionnement du système nerveux autonome.
En revanche, certaines conditions médicales, telles que l’insuffisance cardiaque chronique ou l’hypertension, ont été associées à une mauvaise synchronisation entre le cœur et la respiration (c’est-à-dire une diminution de RespHRV). Bien que les implications du RespHRV sur la santé soient bien documentées, les mécanismes neuronaux qui relient le rythme respiratoire au rythme cardiaque n’ont pas encore été clairement élucidés.
Une nouvelle recherche découvre la voie neuronale chez la souris
Des chercheurs d’Aix-Marseille Université ont récemment mené une étude sur des souris visant à élucider davantage les fondements neuronaux du RespHRV. Leurs conclusions, publiées dans Neurosciences naturellessuggèrent que le neurotransmetteur ocytocine (OT) module la synchronisation de la respiration et du rythme cardiaque, via une voie neuronale récemment découverte qui relie l’hypothalamus, le tronc cérébral et le cœur.
“La relaxation et les états socio-émotionnels positifs peuvent amplifier le RespHRV, mais le mécanisme sous-jacent reste largement inconnu”, ont écrit Julie Buron, Ambre Linossier et leurs collègues dans leur article. “Nous identifions une voie neuronale hypothalamus-tronc cérébral chez les rongeurs par laquelle l’OT amplifie RespHRV lors d’un comportement apaisant. Les neurones OT du noyau paraventriculaire caudal de l’hypothalamus régulent l’activité d’un sous-groupe de neurones inhibiteurs dans le complexe pré-Bötzinger, le noyau du tronc cérébral qui génère le rythme inspiratoire. “
Comment l’ocytocine influence la synchronisation du cœur et de la respiration
Pour étudier les fondements neurobiologiques du RespHRV, Buron, Linossier et leurs collègues ont mené une série d’expériences impliquant des souris. En utilisant une série de méthodes d’imagerie et expérimentales avancées, ils ont examiné comment la libération d’OT influençait la synchronisation entre le cœur et la respiration de l’animal, tout en suivant également l’influence des neurones producteurs d’ocytocine sur d’autres cellules cérébrales.
Cela leur a finalement permis de découvrir une voie jusqu’alors inconnue impliquant les neurones de l’hypothalamus, une population de neurones du tronc cérébral (c’est-à-dire le complexe pré-Bötzinger) et le cœur. L’activité collective de ces neurones et la libération d’OT modulent la synchronisation entre le rythme cardiaque et la respiration des souris.
Potentiel de nouvelles thérapies ciblant le stress et l’anxiété
“Plus précisément, l’OT améliore l’apport glycinergique des neurones exprimant les récepteurs OT dans le complexe pré-Bötzinger aux neurones parasympathiques innervant le cœur dans le noyau ambigu pendant l’inspiration”, ont écrit les auteurs. “Cela conduit à une modulation respiratoire amplifiée de l’activité parasympathique du cœur, améliorant ainsi le RespHRV. Nous montrons que les neurones de l’OT participent à la restauration de l’amplitude du RespHRV pendant la récupération du stress chez la souris, ce qui indique que l’OT agit de manière centrale pour réguler l’activité cardiaque lors d’un comportement apaisant.”
Les résultats de cette étude récente mettent en évidence le rôle clé de l’OT dans la synchronisation entre la respiration et le rythme cardiaque, tout en identifiant les mécanismes neuronaux par lesquels ce neurotransmetteur pourrait stimuler la relaxation et le RespHRV. Une fois que les résultats de l’équipe auront été explorés plus en profondeur et validés dans d’autres études, ils pourraient éclairer le développement de nouvelles interventions thérapeutiques qui pourraient faciliter la récupération du stress ou atténuer certains des symptômes des troubles anxieux.
Écrit pour vous par notre auteur Ingrid Fadelli, édité par Gaby Clark, et vérifié et révisé par Robert Egan, cet article est le résultat d’un travail humain minutieux. Nous comptons sur des lecteurs comme vous pour maintenir en vie le journalisme scientifique indépendant. Si ce reporting vous intéresse, pensez à faire un don (surtout mensuel). Vous obtiendrez un sans publicité compte en guise de remerciement.
Plus d’informations :
Julie Buron et al, L’ocytocine module la variabilité de la fréquence cardiaque respiratoire via une voie neuronale hypothalamus-tronc cérébral-cœur, Neurosciences naturelles (2025). DOI : 10.1038/s41593-025-02074-2.
© 2025 Réseau Science X
Citation: L’ocytocine aide à synchroniser le rythme cardiaque et la respiration, suggère une voie neuronale nouvellement découverte (29 octobre 2025) récupéré le 30 octobre 2025 sur
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