Maroc : ruée sur les stations-service après hausse de 2 MAD du carburant
Hausse de 2 MAD du carburant au Maroc : ruée aux stations et accusations d’entente après l’annonce du 15 mars 2026
Hausse de 2 MAD le 15 mars 2026: ruée aux stations au Maroc, rationnements et accusations d’entente illégale touchent taxis et transporteurs, provoquant panique.
Le Maroc a connu, le dimanche 15 mars 2026, une ruée inédite vers les stations-service après l’annonce d’une augmentation de 2 dirhams par litre sur les carburants. Cette hausse, entrée en vigueur à minuit, intervient quinze jours après une première hausse de 0,25 dirham par litre et a provoqué de longues files d’attente, des rationnements ponctuels et des comportements contradictoires parmi les gérants de stations. Les principaux concernés sont les taxis, les transporteurs et les véhicules utilitaires qui ont vidé les cuves par précaution, alimentant une inquiétude nationale sur l’approvisionnement.
Hausse de 2 MAD entrée en vigueur le 15 mars 2026
La majoration de 2 dirhams par litre sur le diesel et l’essence a été annoncée et appliquée dans la nuit du 15 mars 2026. Il s’agit de la deuxième modification tarifaire en l’espace de quinze jours, la précédente remontant au 1er mars 2026 et portant sur une hausse de 0,25 dirham par litre. Selon les représentants du secteur, la décision collective des stations a précipité le mouvement d’achat massif. Plusieurs stations ont toutefois continué d’afficher le tarif antérieur (10,78 MAD par litre pour le diesel dans certains points), ce qui a orienté la clientèle vers ces pompes.
Ruée et files d’attente après l’annonce
Peu après l’iftar du 15 mars, les images de longues files d’attente aux pompes se sont multipliées dans diverses villes. Des conducteurs de taxis, des transporteurs de marchandises, des autocaristes et des particuliers se sont massés pour remplir les réservoirs. La demande concentrée sur quelques heures a entraîné des difficultés logistiques et un sentiment de panique parmi les usagers. Plusieurs stations, débordées, ont vu des chauffeurs patienter pendant plus d’une heure, parfois sans garantie d’approvisionnement.
Stations ferment et rationnent les carburants
Face à l’afflux, certains exploitants ont pris des mesures d’urgence : arrêt temporaire des distributeurs, limitation du nombre de litres par véhicule et fermeture administrative de pompes pour réguler le flux. D’autres établissements ont refusé de vendre du diesel pour éviter une rupture totale de stock. Ces pratiques ont accentué la perception d’une pénurie imminente, même si aucun signal officiel d’une rupture généralisée n’a été diffusé au moment des faits. Le rationnement a principalement visé les camions et véhicules utilitaires, aggravant les tensions dans le secteur du transport.
Accusations d’entente et critique de la loi 104-12
La décision collective d’ajuster les prix a suscité des accusations de pratiques contraires à la législation sur la concurrence. Des représentants des consommateurs ont dénoncé des fuites organisées et une concertation entre gérants qui violerait la loi 104-12 relative à la liberté des prix et à la concurrence. Les critiques pointent le fait que certains établissements ont modifié leurs tarifs avant l’heure officielle, ce qui, selon eux, ressemble à une coordination informelle et à des informations privilégiées circulant en amont de l’annonce publique.
Conséquences pour les taxis et le transport de marchandises
Les secteurs du transport de personnes et de marchandises ont été immédiatement impactés. Les chauffeurs de taxi et les transporteurs, dont les marges sont déjà comprimées, ont rushé pour sécuriser du carburant, craignant une montée continue des tarifs. À court terme, les entreprises de logistique évoquent la possibilité d’une répercussion des coûts sur les prix des prestations de transport et, par extension, sur le coût de certains biens. Les autorités locales et les organisations professionnelles sont sous pression pour apporter des clarifications et des mesures de gestion afin d’éviter une extension de la crise aux approvisionnements alimentaires et industriels.
La situation a mis en lumière la vulnérabilité des marchés nationaux aux variations internationales des prix de l’énergie et à la circulation d’informations non officielles. Les professionnels du secteur et les représentants des consommateurs demandent des contrôles renforcés, une transparence sur la formation des prix et des communications claires des autorités pour apaiser les marchés et prévenir de nouvelles réactions en chaîne.