Mohammed VI, médiateur de la dernière chance ?
C’est une diplomatie de velours qui se déroule loin des caméras. Selon des sources concordantes citées par Renseignement maghrébinRabat aurait entrepris de jouer aux « casques bleus » diplomatiques entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Les deux géants du Golfe affichent de nouvelles divergences sur la gestion du conflit au Yémen, menaçant la cohésion du front arabe. Face à ce risque d’escalade, le Palais Royal marocain serait en train de « prendre le pouls » des deux capitales pour ramener le calme.
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Pour réussir là où d’autres échouent, le Maroc s’appuie sur un atout unique : la personne du Roi. Mohammed VI entretient des liens « exceptionnels » avec les familles dirigeantes des deux pays. Ami personnel des dirigeants d’Abou Dhabi, où il séjourne très régulièrement, et interlocuteur respecté à Riyad, le Souverain bénéficie d’un rare capital de confiance. Dans une région où les relations interpersonnelles priment souvent sur les protocoles, cette proximité permet à Rabat de parler franchement aux deux « frères ennemis » sans heurter les sensibilités.
Cette approche en coulisses s’accompagne d’une position officielle soigneusement calibrée. Le ministère marocain des Affaires étrangères a publié un numéro d’équilibriste : il réaffirme le « soutien indéfectible » du Maroc à l’unité du Yémen (une ligne rouge pour Riyad) tout en appelant au dialogue et à l’apaisement (pour ne pas voler Abou Dhabi).
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Ni donneur de leçons, ni spectateur passif, le Royaume se positionne comme une « puissance d’équilibrage ». L’objectif est clair : transformer les relations privilégiées du Maroc en un levier de stabilité régionale, prouvant une fois de plus que la diplomatie de Rabat sait se rendre indispensable, même à des milliers de kilomètres de ses frontières.