ONU réclame enquête américaine sur la frappe tuant 170 écolières à Minab
L’ONU presse Washington de publier son enquête après la frappe meurtrière contre une école en Iran
À Genève, le chef des droits de l’homme de l’ONU demande à Washington de publier son enquête sur la frappe qui a tué plus de 170 personnes, surtout des enfants.
La session d’urgence du Conseil des droits de l’homme à Genève a été dominée par les appels à la transparence et à la justice après la frappe qui a détruit l’école primaire de filles Shajareh Tayyebeh à Minab, dans le sud de l’Iran. L’attaque, survenue le 28 février, a fait plus de 170 morts, principalement des écolières et des enseignantes, selon les récits présentés lors de la réunion. Le chef des droits de l’homme de l’ONU a demandé publiquement aux États-Unis de terminer leur enquête et d’en rendre les conclusions publiques.
Réunion d’urgence au Conseil des droits de l’homme
La séance a été convoquée à la demande de l’Iran pour examiner les circonstances de la frappe qui a touché l’établissement scolaire pendant les heures de classe. Plusieurs délégations ont exprimé leur choc et leur indignation; l’ambassadeur du Pakistan à Genève a qualifié la mort d’écoliers d’« inadmissible », et le représentant chinois a fait part d’une profonde stupéfaction. Les missions des États-Unis et d’Israël étaient absentes de la salle, leurs sièges restant vides pendant une large partie des débats.
Demande formelle du chef des droits de l’homme de l’ONU
Volker Türk a rappelé que la communauté internationale attend une enquête complète, transparente et rapide de la part des autorités américaines, et il a insisté pour que les résultats soient publiés. « Il doit y avoir justice pour le terrible mal causé », a-t-il déclaré par liaison vidéo, après des échanges récents avec des responsables américains à Washington. Türk a souligné que frapper des écoles constitue une violation grave du droit international et que la protection des civils, en particulier des enfants, doit être une priorité.
Témoignage de Mohaddeseh Fallahat, mère en deuil
Lors de la séance, Mohaddeseh Fallahat, dont les deux enfants ont été tués dans l’attaque, a livré un témoignage poignant par liaison vidéo. Elle a raconté la routine du matin du 28 février — peigner les cheveux, attacher les chaussures, déposer les sacs — et la phrase de ses enfants: « Maman, viens nous chercher après l’école », devenue depuis un rappel insupportable de leur disparition. Elle a décrit la douleur permanente d’une maison désormais silencieuse et a appelé à la reconnaissance de la souffrance des familles et à la recherche de responsabilités.
Accusations du ministre iranien des Affaires étrangères
Le ministre iranien Abbas Araghchi, intervenant également à distance, a affirmé que la frappe ne pouvait être considérée comme une erreur de calcul et l’a qualifiée de « massacre de sang-froid ». Il a accusé les forces impliquées d’avoir commis des crimes humanitaires en toute impunité et a appelé les États membres de l’ONU à dénoncer ce qu’il a présenté comme l’illégalité du conflit. Araghchi a lié l’incident à un contexte de tensions et d’attaques américano-israéliennes qui, selon lui, ont déjà causé des dégâts considérables aux infrastructures civiles.
Constatations de la rapporteuse spéciale sur le droit à l’éducation
Farida Shaheed, rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à l’éducation, a souligné que des analyses open source indiquaient que l’école était distincte de l’enceinte militaire voisine et clairement identifiée comme établissement scolaire. Elle a relevé que les bâtiments de l’enceinte avaient été frappés individuellement par des munitions de précision, ce qui laissait supposer une intention ciblée. Shaheed a ajouté que les enquêtes en cours évoquent également la possibilité d’un recours à des renseignements obsolètes, ce qui, si confirmé, pourrait signifier une violation du principe de précautions pendant les opérations militaires. Son bureau a fait état, jusqu’à présent, de plus de 600 écoles détruites ou gravement endommagées en Iran et d’au moins 230 enfants et enseignants tués dans le cadre des attaques américano-israéliennes.
Conséquences pour le droit à l’éducation et le droit international humanitaire
Les intervenants au Conseil ont rappelé que l’impact sur l’éducation est massif et durable: la destruction d’écoles prive des générations d’enfants d’un accès sûr à l’enseignement et fracture le tissu social. Volker Türk a insisté sur le fait que, quelles que soient les divergences politiques entre États, elles ne sauraient être résolues par la mise à mort d’écoliers. Les discussions ont aussi évoqué des précédents récents où des établissements scolaires ont été massivement endommagés dans d’autres zones de conflit, soulignant la dimension systémique du problème et la nécessité de renforcer les mécanismes de protection.
La session de Genève s’est conclue sur des appels répétés à une enquête indépendante, crédible et publique, afin d’établir les responsabilités et d’empêcher de nouvelles tragédies similaires. Les familles des victimes, les experts de l’ONU et plusieurs États réclament que justice soit rendue rapidement et que des garanties soient mises en place pour protéger les élèves et les établissements scolaires dans les zones de conflit.