oui, c’est faisable… mais pas avant 2040
Relancé après plusieurs décennies de discussions, le projet de tunnel sous le détroit de Gibraltar a fait l’objet d’une évaluation par le spécialiste allemand des tunnels, Herrenknecht. Soumis en octobre, ce rapport conclut que les travaux sont techniquement réalisables avec les technologies de forage actuelles. Sur la base de ces conclusions, la Secegsa (Société espagnole d’études sur les communications fixes à travers le détroit de Gibraltar) a chargé le cabinet de conseil Ineco d’élaborer le plan directeur du projet d’ici fin 2026, en vue d’une éventuelle approbation gouvernementale en 2027.
A lire : Un train pour relier Casablanca à Paris
L’itinéraire recommandé relierait Punta Paloma (province de Cadix) au cap Malabata (région de Tanger) sur une distance totale d’environ 42 kilomètres, dont 27 kilomètres dans la partie sous-marine.
Le projet se distingue par sa complexité géologique, nettement supérieure à celle du tunnel sous la Manche. Les travaux devront atteindre une profondeur de 470 mètres sous le niveau de la mer (contre 75 mètres pour le tunnel franco-britannique) et traverser une zone située à la jonction des plaques tectoniques eurasienne et africaine. Ces contraintes sismiques et de profondeur ont conduit à l’abandon définitif des options de ponts suspendus envisagées par le passé.
Lire : Voici combien coûtera le projet de tunnel entre le Maroc et l’Espagne
L’infrastructure, composée de deux tubes ferroviaires pour le transport de passagers et de marchandises, permettrait un temps de trajet de 30 minutes entre les deux rives. Le coût du projet est actuellement estimé à 8,5 milliards d’euros. Concernant le calendrier, les experts jugent irréaliste l’échéance de 2030 compte tenu de l’avancée des études. Le nouveau calendrier prévisionnel repose sur un démarrage des travaux préparatoires vers 2030, pour une phase principale de construction s’étendant entre 2035 et 2040. Le dossier reste géré conjointement par la SECEGSA et son homologue marocain, la SNED.