Plus de 36 000 Palestiniens déplacés de force en Cisjordanie selon l’ONU
Plus de 36 000 Palestiniens déplacés en Cisjordanie en un an, selon un rapport officiel
Un rapport officiel documente le déplacement forcé de plus de 36 000 Palestiniens en Cisjordanie, une hausse liée aux violences des colons, démolitions et actions militaires.
Bilan chiffré du déplacement forcé
Un rapport publié mardi indique que plus de 36 000 Palestiniens ont été déplacés de force à travers la Cisjordanie occupée entre novembre 2024 et fin octobre 2025. Le document recense 1 732 incidents de violence commis par des colons pendant la même période, soit une hausse de 24 % par rapport aux 1 400 incidents signalés au cours de l’année précédente. Ces chiffres incluent des ordres de départ forcé, des démolitions de logements et des opérations militaires qui ont contraint des familles à quitter leurs habitations.
Concentration des évacuations dans le nord de la Cisjordanie
Les données soulignent que la majorité des personnes déplacées proviennent des camps de réfugiés situés au nord du territoire. Environ 32 000 Palestiniens ont été contraints de fuir les camps de Jénine, Tulkarem, Nur Shams et Far’a lors d’opérations militaires récentes. Ces évacuations massives ont souvent été accompagnées de destructions matérielles et d’interruptions des services de base, aggravant la précarité des populations déplacées.
Hausse des incidents violents des colons
Le rapport relève une multiplication des attaques et des actes de vandalisme imputés à des colons. Les incidents documentés vont de violences physiques à des destructions de biens, en passant par des attaques contre des récoltes et des infrastructures agricoles. Les auteurs du rapport notent une coordination et une répétition de ces actes, parfois en présence ou sans réaction effective des forces de sécurité, ce qui, selon le document, a facilité l’expansion des pratiques violentes sur le terrain.
Cas récent et pertes civiles
Parmi les évènements récents, des forces militaires ont ouvert le feu sur un véhicule dans le village de Tammun, près de Tubas, entraînant la mort de quatre membres d’une même famille, dont deux enfants âgés de 7 et 5 ans. Cet incident s’inscrit dans une série de confrontations violentes en Cisjordanie depuis le déclenchement du conflit à Gaza en octobre 2023. Les chiffres officiels font état d’au moins 1 071 Palestiniens tués en Cisjordanie depuis le début de cette guerre, un bilan qui inclut des victimes civiles et des combattants.
Tendances d’annexion et inquiétudes sur le terrain
Le rapport signale également que des décisions nationales visant à étendre l’autorité sur des portions plus larges de la Cisjordanie ont suscité des critiques et des inquiétudes quant à une annexion de facto. Ces mesures, selon le document, risquent d’accélérer la dépossession des populations locales et la création de nouvelles implantations, ce qui pourrait conduire à d’autres transferts forcés et à une transformation durable du paysage démographique.
Impact humanitaire et réactions des défenseurs des droits
Les déplacements massifs ont des conséquences humanitaires immédiates : perte de logement, accès limité à l’eau et à l’électricité, rupture des parcours scolaires et pression accrue sur les abris temporaires. Des organisations de défense des droits ont exprimé leur profonde préoccupation face à la fréquence des expulsions et à l’augmentation des tensions intercommunautaires. Elles mettent en garde contre le risque d’un déplacement permanent de populations et appellent à des mesures pour protéger les civils et garantir l’accès à l’aide.
La combinaison d’attaques de colons, d’ordres de déménagement, de démolitions et d’opérations militaires a poussé des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers en Cisjordanie au cours de la dernière année. Les chiffres contenus dans le rapport décrivent une intensification des déplacements et une évolution qui inquiète sur le respect du droit humanitaire et la possibilité d’un retour durable. Les autorités impliquées n’ont pas été citées dans le texte de ce rapport, mais la documentation soulève des questions pressantes sur la protection des civils, la responsabilité et les perspectives d’un règlement qui garantirait la sécurité et les droits des populations affectées.