pourquoi Bank Al-Maghrib ralentit encore avant le grand bond
Pour les autorités monétaires, la libéralisation de la monnaie nationale ne doit jamais être synonyme de rupture brutale. La doctrine reste celle d’une transition par étapes, soumise à des préalables stricts pour éviter tout dérapage. Si l’objectif final est de laisser plus de place à la « main invisible » du marché, le régulateur refuse de lâcher les garde-fous tant que l’architecture financière n’est pas jugée suffisamment solide pour absorber les chocs, explique le journal. Inspirations écologiques. Actuellement, le Royaume fonctionne avec un dirham fluctuant autour d’un taux pivot déterminé par un panier de devises, dominé par l’euro et le dollar, un système qui a contribué à amortir les crises récentes.
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Le cœur du problème réside dans le transfert des risques. En élargissant la bande de fluctuation, Bank Al-Maghrib transfère mécaniquement l’exposition au risque de change de l’institution vers les agents économiques. Dans une économie marocaine qui importe l’essentiel de son énergie, de ses matières premières et de ses équipements, une volatilité accrue pourrait avoir un impact direct sur les marges des entreprises et, par ricochet, sur les prix à la consommation. C’est cette crainte d’une inflation importée qui pousse le Wali à la plus grande prudence, refusant de calquer le calendrier des réformes sur un agenda politique.
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La préoccupation majeure concerne le tissu productif local, majoritairement constitué de Très Petites Entreprises (TPE). Si les grandes structures et les PME exportatrices disposent des outils et de l’ingénierie financière pour se prémunir contre les variations monétaires, les petites entités naviguent souvent à vue. Sans une diffusion massive d’instruments de couverture, une flexibilité accrue reviendrait à fragiliser ces acteurs déjà vulnérables. C’est pourquoi l’année 2026 est présentée comme une année test : elle servira de phase pilote au « ciblage de l’inflation », une étape technique cruciale qui devrait conduire à une mise en œuvre effective fin 2026 ou début 2027, à condition que le marché soit prêt à résister aux aléas d’une monnaie plus libre.