quand le Maroc sous-traite son image nationale à la France
L’ONMT ne semble pas épargner aucune dépense pour entretenir son image en ligne. L’Office a signé un chèque de près de 50 millions de dirhams pour assurer des prestations de « storytelling » et de production de contenus. Le bénéficiaire ? Un consortium dominé par les agences françaises Heaven et Hopscotch Tourism.
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Ce choix relance les critiques à l’égard du « complexe des experts étrangers ». De nombreux professionnels s’interrogent : le Royaume manque-t-il de compétences locales pour promouvoir sa propre culture ? Pour beaucoup, confier cette mission à des entreprises parisiennes apparaît comme une hémorragie de devises injustifiée, constate Al3omk.
La stratégie elle-même est débattue. Une part importante du budget vise à attirer des « influenceurs internationaux ». Les critiques y voient une forme de tourisme gratuit financé par le contribuable, pour des « histoires » éphémères dont l’impact réel sur l’économie locale reste à prouver.
Un manque de transparence pointé du doigt
La colère est également exprimée par des analystes comme Youssef Saoud, qui dénonce une « mentalité figée » et un manque de culture du résultat. Selon lui, dépenser des fortunes pour inviter des influenceurs à des événements autosuffisants, comme la CAN, est un non-sens économique.
Il pointe un manque flagrant de transparence par rapport aux standards internationaux. Aux États-Unis, par exemple, les offices de tourisme doivent justifier le retour sur investissement de chaque dollar d’impôt dépensé. Au Maroc, cette clarté fait défaut, laissant planer le doute sur la réelle efficacité de ces campagnes.
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Cette affaire risque de creuser le fossé entre les citoyens et les institutions. Sans une communication claire sur l’impact concret de ces 46 millions de dirhams en termes d’emplois et de revenus, l’image de l’ONMT pourrait être écornée par cette polémique.