Rubio presse le G7 d’agir contre le péage iranien dans le détroit d’Ormuz
Rubio alerte sur un projet iranien de péage dans le détroit d’Ormuz et presse les alliés du G7
Au G7 en France, Marco Rubio a dénoncé un projet iranien de péage dans le détroit d’Ormuz et demandé au Japon, à l’UE et aux pays asiatiques de contribuer à la sécurité maritime internationale. (153 caractères)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a, à la sortie de la réunion des ministres du G7 en France, annoncé son inquiétude face à des informations faisant état d’un projet iranien de mise en place d’un “système de péage” pour le détroit d’Ormuz. Debout sur le tarmac, il a appelé les membres du G7 et les pays asiatiques à élaborer un plan collectif pour garantir la liberté de navigation et a évoqué par la même occasion la recrudescence de la violence des colons en Cisjordanie occupée.
Alerte sur un “système de péage” dans le détroit d’Ormuz
Rubio a expliqué que l’Iran envisagerait d’imposer aux navires un droit de passage géré par les forces armées iraniennes, le Corps des Gardiens de la Révolution (CGRI), et d’exiger des frais pour assurer le transit. “L’un des défis immédiats auxquels nous allons être confrontés se situera en Iran, lorsqu’ils décideront de mettre en place un système de péage dans le détroit d’Ormuz”, a-t-il déclaré, jugeant que cette démarche serait “illégale” et “inacceptable”. Il a insisté sur la nécessité d’un plan international auquel les États-Unis sont prêts à participer sans pour autant en prendre la tête.
Demande de contribution aux alliés du G7 et aux pays d’Asie
Lors de ses remarques, Rubio a explicitement cité les pays du G7 — Japon, Canada, France, Royaume-Uni, Italie, Allemagne et l’Union européenne — et appelé les États asiatiques à “contribuer grandement à cet effort”. Il a ajouté que les États-Unis aideraient mais ne chercheraient pas à diriger l’opération, insistant sur la responsabilité collective pour empêcher une normalisation d’un contrôle régional sur une voie navigable stratégique.
Conséquences potentielles sur le commerce pétrolier mondial
Le détroit d’Ormuz est décrit comme une artère essentielle pour le transport maritime d’hydrocarbures. Avant le début des hostilités le 28 février 2025, environ 20 millions de barils de pétrole par jour transitaient par ce point, soit près de 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole liquide, a rappelé la déclaration. Rubio a mis en garde contre les conséquences économiques et sécuritaires d’une fermeture de facto ou d’un verrouillage tarifaire de la route maritime, soulignant que cela “ne peut pas exister” au regard du droit international et des conventions maritimes.
Tensions entre Washington et ses alliés européens sur l’intervention
Le secrétaire d’État a reconnu les divisions persistantes au sein de l’alliance occidentale quant au niveau d’engagement à fournir. Si la déclaration finale du G7 a réclamé “une cessation immédiate des attaques contre les civils et les infrastructures civiles” et la réaffirmation d’une “liberté de navigation sûre et sans péage”, elle n’a, selon Rubio, assorti ces principes d’aucune promesse de ressources ou d’un engagement militaire coordonné. L’administration américaine, confrontée à des réticences européennes, cherche donc des formes de coopération qui n’exigent pas nécessairement le déploiement de troupes au sol.
Référence aux objectifs américains et à l’absence de troupes terrestres
Interrogé sur l’avancement des objectifs militaires affichés par Washington, Rubio a souligné que, selon l’évaluation partagée par l’exécutif, plusieurs objectifs — affaiblissement des capacités navales iraniennes, réduction des stocks de missiles et des capacités d’enrichissement d’uranium — sont en voie d’être atteints. Il a réitéré le positionnement selon lequel ces objectifs pourraient être poursuivis “sans troupes terrestres”, répondant aux craintes d’une escalade impliquant un engagement au sol.
Violence des colons en Cisjordanie évoquée et préoccupations humanitaires
Rubio a également abordé la hausse des violences commises par des colons en Cisjordanie occupée. Il a dit s’en inquiéter et a assuré que le sujet était suivi de près, suggérant que le gouvernement israélien pourrait agir pour réduire ces incidents qui ont inclus incendies volontaires et agressions contre des civils et des biens. La déclaration évoque par ailleurs une estimation publiée le 19 mars 2025 par les Nations unies sur le nombre de victimes civiles en Cisjordanie depuis le début du conflit à Gaza en octobre 2023, soulignant l’impact humanitaire de la montée des violences.
La réunion du G7 a permis d’affirmer des principes communs sur la liberté de navigation et la protection des civils, mais elle a également mis en lumière l’ampleur du travail diplomatique et opérationnel restant à accomplir pour transformer ces principes en mesures concrètes. Les prochains jours devraient voir Washington intensifier ses consultations bilatérales et multilatérales pour préciser le cadre d’une réponse collective au risque d’un contrôle permanent du détroit d’Ormuz.