seize ans d’attente pour les familles expropriées de leurs terres
Dans la commune de Harbil, des centaines de familles d’agriculteurs attendent toujours de recevoir leur indemnisation, après avoir été expropriées de leurs terres dans le cadre du projet « Extension Tamansourt », lancé il y a seize ans. Les bénéficiaires, quant à eux, espèrent la réalisation de ce lotissement.
Les agriculteurs dont les terres ont été expropriées affirment que le retard dans le paiement des indemnisations a affecté leur vie quotidienne, car la terre est leur seule source de revenus. Quant aux bénéficiaires, ils disent vivre une attente interminable, bien qu’ils aient accompli toutes les démarches administratives et financières requises. Selon Al3omkles concernés avaient adressé en 2022 une correspondance au wali de la région Marrakech-Safi, au directeur régional de l’établissement Al Omrane Marrakech-Safi, au pacha de la ville de Tamansourt, ainsi qu’au ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, pour les informer de ce problème et appeler à sa résolution. Sans succès.
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Dans l’une de ces lettres, les personnes lésées demandent « une intervention urgente pour rendre justice aux agriculteurs qui n’ont pas encore reçu leurs droits et compensations pour leurs terres, ainsi qu’une accélération de l’achèvement du lotissement de l’extension et de la remise des parcelles aux bénéficiaires qui attendent depuis plus de quatorze ans », considérant que ce qu’ils ont vécu n’est pas un simple retard administratif, mais « une violation de leurs droits fondamentaux au logement et juste rémunération ». Les plaignants soulignent que beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions difficiles en raison de cette situation, étant confrontés à des loyers élevés et à diverses charges.
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Face à cette injustice, les victimes ont organisé plusieurs sit-in au fil des années pour réclamer justice. Leur dernière manifestation s’est tenue mercredi 22 octobre devant le siège de l’établissement Al Omrane à Marrakech, où les concernés ont réitéré leur appel à une intervention urgente pour mettre fin à ces longues années d’attente, déterminés à poursuivre leur combat jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.