Un train pour relier Casablanca à Paris
L’histoire de ce projet remonte à la fin des années soixante-dix. Bien que les options de pont aient été initialement étudiées, elles ont été rapidement écartées en raison de la profondeur, de l’activité sismique et de la configuration du site. Depuis, les efforts se sont concentrés exclusivement sur un tunnel ferroviaire. La Société espagnole d’études sur les communications fixes à travers le détroit de Gibraltar (SECEGSA) et son homologue marocaine, la SNED, portent ce dossier qui a connu plusieurs vagues d’intérêt politique.
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Des études récentes, réalisées notamment avec l’ingénierie spécialisée de Herrenknecht, confirment la faisabilité technique des travaux malgré leur complexité. Le tracé privilégié relierait Punta Paloma, à Cadix, à Punta Malabata, près de Tanger, via le « Seuil du détroit », une zone de moindre profondeur. L’infrastructure s’étendrait sur environ 42 kilomètres, dont près de 28 sous la mer, pour atteindre une profondeur maximale de 475 mètres. Le projet prévoit trois galeries : deux pour la circulation des trains à grande vitesse et de marchandises, et une galerie de service intermédiaire.
Une décision finale attendue pour 2027
Le financement des études a été relancé ces dernières années, avec des allocations budgétaires de l’État espagnol pour actualiser l’avant-projet. L’investissement initial pour le tronçon espagnol est désormais estimé à environ 8,5 milliards d’euros, un chiffre revu à la baisse par rapport aux 15 milliards envisagés précédemment. Une partie de ce coût pourrait être couverte par des fonds européens.
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Le calendrier prévisionnel reste toutefois prudent. Selon des sources gouvernementales, les deux parties se sont donné jusqu’en 2027 pour prendre une décision définitive sur le lancement du projet, sur la base des dernières études. Si le feu vert est donné, des travaux préliminaires, dont une galerie de reconnaissance d’une durée de six à neuf ans, pourraient débuter en 2030. L’objectif à long terme est de connecter directement les réseaux ferroviaires, permettant ainsi aux passagers et aux marchandises de voyager sans interruption entre des villes comme Madrid, Paris, Rabat et Casablanca.